Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Cardinal, Isabelle.

Vivement mon burnout! Éd. Libre Expression, 2006, 252 p.

La Baby-boomer de 40 ans

Isabelle Cardinal est une publicitaire qui a relevé le défi d'écrire un roman. Elle y est parvenue en manifestant un don certain pour l'art romanesque. Campée dans le monde de la publicité, l'œuvre ne sert pas d'exutoire aux contingences de la profession de son héroïne. L'auteure s'est attachée au questionnement de cette nouvelle quadragénaire en quête des rêves de ses 20 ans afin de s'accorder un second début, prête même à changer d'orientation pour protéger les braises qui ont fait d'elle, une femme tout feu tout flamme.

Vivement mon burnout scrute donc l'univers de la baby-boomer comme Ouf de Denise Bombardier. L'héroïne est une mère monoparentale, partageant ses enfants avec un père ayant déjà refait sa vie avec une jeune femme. Propriétaire en plus d'une entreprise soumise à une concurrence féroce, Véro doit affronter les maladies professionnelles qui frappent ses employés stressés par la performance. En battante, elle fait face à la musique avec beaucoup de détermination, mais il ne lui reste plus de temps à consacrer à sa vie sentimentale. Finalement, elle souhaite vivement s'offrir un burnout en cadeau pour trouver quelque repos. Heureusement, elle peut s'en tirer grâce à Claire, une femme hospitalisée à qui elle se confie même si cette dernière est dans le coma. Chuchoter ses frustrations à des oreilles absentes lui tient lieu de briefing pour se garder sur les rails.

Ce n'est pas un roman défaitiste. Isabelle Cardinal s'attaque surtout aux pas cadencés imposés par la dictature du rendement. Pour y échapper, il ne lui reste plus qu'à prendre ses distances d'un mode de vie avilissant. Le propos a une saveur populaire, dépourvue des épices qui rehausseraient ce plat concocté avec simplicité. La formation en communications de l'auteure lui a appris à dépouiller son message de toute fioriture réduisant sa portée. Appuyé sur une structure solide, ce roman, efficace et sans prétention, nous conscientise à la dynamique de la modernité sans que nous ne nous creusions trop les méninges.