Paul-André Proulx

Littérature québécoise



Côté, Reine-Aimée


L’Échappée des dieux.
Éd. VLB, 2009, 130 p.

L'idéal féminin

Certaines femmes craignent de fusionner carrière et famille. Lisa, l’héroïne, est justement de celles qui ont résolu le dilemme en passant de la scène à la petite maison dans la prairie.


À l’aube de la quarantaine, elle a décidé de mener une vie de couple stable. Elle a jeté son dévolu sur un sculpteur qu’elle connaissait depuis vingt ans. Devenue l’heureuse mère de jumelles, elle n’en est pas moins éprouvée par la décision qu’elle a prise de bonne foi. Comme elle a été l’égérie d’un dramaturge qui a comblé ses besoins affectifs et professionnels, son passé la poursuit. Parviendra-t-elle à lui échapper ? Comme comédienne, elle a toujours aimé créer des personnages, mais elle redoute de ne pouvoir incarner le sien en tant que mère et épouse. « Vivre, c’est créer », croit-elle. Lisa se demande si le cocooning peut favoriser un acte créateur susceptible d’atteindre un degré suffisant d’absolu pour qu’il apparaisse comme une échappée des dieux venus offrir un moment d’éternité. Contrairement à Maxime-Olivier Moutier dans Les trois méthodes de la conservation des viandes, elle doute de pouvoir s’assumer au sein du clan familial.

La trame narrative ne sert en fait que les réflexions d’une femme qui a choisi de rester au foyer. Les féministes balaieront sûrement du revers de la main cet idéal restrictif d’un autre âge. Bref, cette œuvre kitch s’enlise dans un lyrisme champêtre traduit par un verbe poétique éculé, qui multiplie les aphorismes pour le plus grand plaisir des amateurs de citations