Paul-André Proulx

Littérature québécoise

Dion, Lynda.

Monstera deliciosa. Éd. Septentrion, 2015, 136 p.

Mon amour, je te hais

Le monstera deliciosa est une plante verte qui agrémente autant le boudoir que les centres commerciaux. Sur la table du salon pour peu qu'Il y ait de la lumière, la plante se développe aisément. Elle fait même l'envie de l'héroïne, dont la vie de couple dépérit dangereusement. Vivre avec un homme peu inspiré et peu inspirant, c'est presque accepter d'être perdant à la course à l'amour.

L'auteure narre le quotidien d'un couple mal assorti au point de ne pas être capable de se supporter. Dépourvu de résipiscence, le conjoint exige qu'on le prenne pour ce qu'il est. Il n'est pas question non plus de consulter un psy pour améliorer son sort. La femme ne partage pas cet immobilisme qui la tue à petit feu. L'insatisfaction rogne peu à peu le fil qui la retient à son amoureux. Et l'échec est prévisible à court terme quand l'affection et la sexualité sont victimes de disette. L'amoureux éconduit, elle parcourt les sites de rencontre pour en dénicher un autre. Et la roue continue à tourner.

Sous une page couverture peu judicieuse, on compte 136 pages d'une dizaine de lignes chacune. Lynda Dion s'y est projetée avec une histoire simple que vivent au moins 50% des couples selon les statistiques. Le contenu se limite à une courte présentation d'un terne quotidien. C'est crédible et bien écrit, mais une narration à la première personne aurait donné plus de mordant à ce roman qui frôle la misandrie à l'instar des téléromans québécois. En fait, il s'agit d'une nouvelle qui répond aux normes du genre : peu de personnages et dénouement inattendu. Les commentaires sont positifs, mais, selon moi, c'est une œuvre inachevée.