Paul-André Proulx

Littérature Québecoises


Elfassi, Joseph.

Le Prix de la chose.

Éd. Stanké, 2016, 113 p. Des baises à 200$

Dorénavant, il en coûtera 200$ aux hommes qui font l'amour sans quoi ils mourront. Les femmes se font injecter dans le vagin un liquide qui tue les hommes qui n'auront pas respecté le nouveau contrat social. Roman d'anticipation ou turpitude littéraire ?


Que ce roman ait reçu l'imprimatur d'un éditeur étonne. Ce n'est pas le sujet qui bouleverse. La sexualité comme telle n'excitera pas les pervers libidineux. L'œuvre est centrée uniquement sur le coût de l'acte sexuel dans un monde futur où tout se monnaye. Cette réalité est déjà courante dans presque tous les domaines. On appelle un réparateur d'appareils électroménagers, il en coûte 50 $ pour le call (l'appel de service). On va à l'hôpital, il en coûte 16$ pour accéder au parking. Quand on est un constructeur, il faut être prêt à donner des pots-de-vin pour obtenir des contrats du domaine public. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi pour que les femmes profitent des mêmes avantages en vigueur dans la société ?

Le héros, un pauvre type, un dude comme on dit aujourd'hui, s'oppose férocement à cette innovation surtout en raison de son assuétude sexuelle. Il ne comprend pas qu'il doive payer pour des rapports intimes quand les partenaires s'apprécient. Dans un contexte d'anticipation, il apparaît comme un réactionnaire.

Sur ce canevas, l'auteur, un journaliste, a peint un tableau simpliste de son sujet. La lecture de son roman est même très ennuyeuse. Comme on dit, plus plate que ça, tu meurs.