Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Fortin, Mylène.

Philippe H. dans l'angle mort. Éd. Québec Amérique, 2017, 195 p.

Femme du pire

Hélène est une femme dépressive qui a peur de tout. C'est douloureux de vivre avec l'angoisse de rater tout ce que l'on entreprend. L'héroïne imagine toujours le pire. Pour prendre congé de Philippe avec qui elle vit en couple, elle décide de se rendre en Gaspésie pour occuper la maison de son enfance où habite sa vieille tante.


Elle prend cette décision parce qu'elle ne se croit pas à la hauteur de l'homme qu'elle aime, un professeur sûr de lui et fort intelligent. Comment la médiocrité peut-elle plaire à la quintessence ? L'héroïne n'est tournée que vers sa vulnérabilité appréhendée. On dirait la version féminine de Job sur son tas de fumier. Ses rapports humains ne peuvent être fructueux dans un tel contexte. Il est difficile aussi de fréquenter une personne projetée que vers ses soi-disant malheurs. Donc, tous vivent dans l'angle mort de l'héroïne qui se cherche une voie.

L'auteure propose en fait l'analyse psychanalytique d'une femme qui vient de se faire offrir un poste de professeur dans un lycée. Comment relever ce défi quand on a si peu confiance en soi ? C'est suffisant pour alimenter l'angoisse maladive d'Hélène que l'on apprend à connaître de long en large.

Mots pour le dire. Mylène Fortin ne trouve justement pas les mots pour décrire les maux de sa protagoniste. Son roman ne s'adresse qu'à un public d'initiés. Et encore là, ils vont s'ennuyer. Bref, c'est une œuvre morne dont l'écriture ressemble à celle des essayistes. Comme on dit au Québec, c'est plate.