Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Lauzon, Geneviève.

C'est fou comme une simple phrase… Éd. Lanctôt, 2005, 121 p.

Des mots aux gestes

Les mots portent une force rédemptrice ou anéantissante. Tous les personnages de ce roman agissent sous l'influence d'un aphorisme : " De la rive des vents, faut se sauver. " C'est fou comment cette simple phrase les pousse à poer les gestes les plus graves pour changer leur fatum. Ce n'est pas sans rappeler l'héroïne de Made in Auroville de Monique Patenaude, qui se rend en Inde sous l'influence d'une phrase de Sri Aurobindo.

Geneviève Lauzon démontre l'impact des maximes sur notre destin. Elle en a choisi une qu'elle applique surtout aux circonstances entourant le meurtre d'un jeune artiste, amateur de graffitis. On découvre son corps dans sa chambre que l'on a nettoyée après l'assassinat. Un policier de 28 ans de métier est chargé de l'enquête. Ses recherches ne le mènent nulle part au point de prendre une retraite anticipée pour sauver son honneur. Le nouvel enquêteur n'aura pas plus de succès pour résoudre ce meurtre relié à des sentiments.

La genèse de ce roman est intéressante. Mais l'intrigue tombe à plat. Chaque chapitre a sa propre autonomie. Certains présentent les policiers, d'autres s'intéressent au fugueur qui collecte les sommes dues de la victime pour sa consommation de drogue, et quelques-uns s'attardent à des personnages liés à l'œuvre uniquement par la même maxime. On dirait une variation sur un même thème, alternant l'écriture métaphorique et prosaïque. Œuvre insolite et fragmentaire qui se refuse à la catégorisation.