Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

 

Pronovost, André.

Plume de fauvette.
Éd. XYX, 2009, 304 p.

Saint-Vincent-de-Paul (Laval)

Plume de fauvette est le troisième tome d’une chronique du quartier Saint-Vincent-de-Paul à Laval. Le roman oppose la population vivant au ras de la rivière des Prairies à ceux qui habitent sur la falaise qui la surplombe.

 

Tout y est mêlé. Le temps y est enchevêtré au point de ne pas savoir quelle époque est évoquée. Ça se situe après 1953 puisque la page couverture illustre une automobile de cette année-là. On y traite de séparation, de féminisme, d’écologie, du sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, dont l’architecte est un bénédictin qui a dessiné aussi les plans de l’Oratoire Saint-Joseph. Ça sent le plaqué. Il est difficile de croire à tout ce beau et gentil monde, qui se tape dessus à bras raccourcis.

Il ne s’agit pas d’un roman du terroir, mais une œuvre de nostalgie entourant le vieil érable centenaire du village que l'on a rasé. Rien de comparable aux œuvres de Germaine Guèvremont et les autres auteurs qui ont décrit l’idéal du peuple canadien français. Le roman ne s’accroche qu’à des anecdotes qui démontrent la bonté des gens qui s’haïssent. Les paradoxes courent les pages de ce roman d’un ennui mortel.

Dommage ! Il n’y a pas grand-chose qui vaille sur Laval, hormis le polar intéressant d’André Truand : Une douzaine de beignes pour le sergent. Rien ne vient sauver l’œuvre d’André Pronovost du désastre, y compris l’écriture qui est d’une grande lourdeur.