Paul-André Proulx

Littérature Québecoises



Teboul, Victor.

Bienvenue chez Monsieur B. !
Éd. L’Harmattan, 2010, 193 p.

La Diaspora juive de Montréal

Ce roman est la suite de La Lente Découverte de l'étrangeté. Le héros aux commandes d’une émission de télévision, est aux prises avec la diaspora juive de Montréal, qui entretient sa spécificité à travers des organismes occultes soutenus par des personnages fantômes, dont les intentions plus ou moins machiavéliques se camouflent derrière des buts des plus louables.

En l’occurrence, le héros a été choisi pour diriger le CRI, un organisme créé par l’énigmatique Monsieur B. afin d’unifier les peuples. Cette façade maquille un intérêt politique visant à faire du gouvernement canadien un défenseur des causes d’Israël au nom de la souffrance, dont ses habitants ont été victimes au cours des siècles. La souffrance comme laissez-passer pour s’assurer une position de force dans les conflits, qui opposent les juifs à leurs adversaires logés principalement au Liban. Pour atteindre cet objectif, on s’active afin de se faire élire comme député, on détrousse des noms à consonances juives pour se réclamer des familles de souche. Ainsi le Barouh, qui a participé à la rébellion de 1837, serait un juif, qui légitimerait leur ambition. Mais le héros, s’opposant au point de vue arrêté de ses compatriotes, refuse le prosélytisme juif au nom de la liberté de pensée.

Le roman s’apparente à des interviews que rapporte chaque chapitre en précisant la pensée des clans à l’égard de la conduite que les juifs devraient adopter pour perpétuer à l’étranger la problématique israélienne. Cette technique est loin de servir l’œuvre, pourtant nécessaire parce qu’elle se range dans les sillons de la Commission Bouchard-Taylor.