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Pierre,
Émeline
Bleu
dorage.
Éd.
Pleine
Lune,
2010,
122
p.
Les
Femmes
antillaises
Née
en
Guadeloupe
en
1980
dun
père
haïtien
et
dune
mère
dominicaine,
Émeline
Pierre
enseigne
à
Montréal.
Avec
Bleu
dorage,
elle
en
est
à
son
baptême
littéraire
comme
auteure
de
fiction.
Fiction
décrivant
le
ciel
bleu
des
îles
antillaises,
où
lorage
bat
son
plein
pour
les
commettants
de
dirigeants
insensibles
à
leurs
malheurs.
Son
recueil
de
nouvelles
sattaque
à
la
réalité
que
vivent
les
insulaires.
Derrière
un
décor
de
palmacées,
des
âmes,
généralement
des
femmes,
sont
en
quête
dun
bonheur
inaccessible.
Elles
viennent
parfois
clandestinement
des
îles
voisines
pour
améliorer
leur
sort
comme
coupeuses
de
cannes
à
sucre
en
Guadeloupe,
ou
comme
domestiques
en
Martinique,
ou
comme
ouvrières
en
République
dominicaine,
ou,
voire
même,
comme
chauffeur
de
taxi
à
Montréal.
Partout,
ce
sont
les
mêmes
relents
de
lère
esclavagiste,
sans
compter
que
les
femmes
sont
tenues,
de
gré
ou
de
force,
daccorder
leurs
faveurs
sexuelles
pour
survivre
aux
machos
dans
un
contexte
dexploitation
éhontée.
Le
recueil
met
en
exergue
les
conditions
féminines
moyenâgeuses
en
vigueur
dans
les
paradis
tropicaux,
qui
attirent
des
touristes
ignorant
souvent
la
situation
vécue
par
les
femmes
déracinées,
exploitées,
abusées
ou
violentées.
Quant
aux
hommes,
ils
craignent
dêtre
reconduits
illico
sur
leur
île
dorigine
sils
travaillent
clandestinement.
Et
si
jamais
un
Antillais
réussit
à
sen
tirer
par
ses
études
à
létranger,
il
est
considéré
comme
un
exilé
à
son
retour.
Dune
façon
ou
dune
autre,
les
dés
sont
pipés.
Avec
un
il
clinique,
Émeline
Pierre,
comme
Marie-Célie
Agnant,
découpe
sans
ménagements
une
réalité
créole
que
lon
tait.
Elle
sest
tirée
de
cet
exercice
avec
bonheur
et
une
franchise
qui
ne
cherche
pas
à
causer
de
commotions.
Son
recueil
nen
est
que
plus
crédible.
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