Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Barcelo, François

Cadavres. Éd. Gallimard, 1998, 213 p.

Un drôle de matricide

Depuis vingt-cinq ans, François Barcelo raconte des aventures rocambolesques tournant autour d'un grave événement impliquant des personnages caricaturaux. Pour ce polar, un jeune campagnard de la région de Lanaudière tue sa mère qui lui en a donné l'ordre.

Le héros est bien embêté par son crime parce qu'il doit conduire sa voiture d'une main, se servant de l'autre pour empêcher la pluie de s'engouffrer par le trou laissé par une première balle, qui a raté la cible assise à côté de lui. Pour se débarrasser du cadavre, il appelle sa sœur de Montréal pour qu'elle vienne l'aider à inhumer le corps dans la cave afin de ne pas éveiller les soupçons.

On se bidonne avec cet enterrement qui compose le point focal de ce roman. Au cadavre de la mère s'en joignent d'autres qu'on emmène enroulés dans des tapis. Ainsi la cave se transforme en cimetière auquel il apporte le décorum qui convient à un tel lieu. Les policiers et le curé rendront nerveux le héros avec leurs visites impromptues, qui se situeront toutefois dans l'ordre de la courtoisie. Le dilemme est de savoir comment le matricide passe comme une lettre à la poste.

À l'exception de l'enterrement, le reste m'a paru très faible. Et les plus sérieux trouveront l'humour facile. Il reste que l'auteur est un bon conteur, qui semble s'amuser en écrivant ses histoires loufoques. Mais cette fois-ci, sa paresse, qu'il admet lui-même, ne rend pas l'œuvre crédible comme c'était le cas pour les autres du même genre.