| Laverdure,
Rachel De chair et de bronze. Éd. XYZ, 2010, 192 p. De
lamour
Un bronze représentant un vieillard offrant une fleur à une dame
âgée trône mystérieusement devant un immeuble domiciliaire.
Comme la tour Eiffel, il représente un attrait incontournable pour les
résidants de la rue. Derrière lanonymat que garantit la sculpture,
ils sen servent, comme de lInternet, pour communiquer leurs attentes
amoureuses, même ceux qui ont passé lâge de folichonner.
Lamour
na pas dâge. Ladolescente comme la septuagénaire
profitent de ce bronze pour capter les ondes émises par ce Cupidon inespéré.
Sous les yeux bienveillants du couple amoureux que représente cette uvre
dart dun artiste renommé, les rencontres se multiplient dans
lespoir que les mains de lhomme idéalisé saisissent
les désirs qui se languissent. Comme « chacun a le pouvoir de se
doter de charmes aux yeux des autres », la concupiscence ne tardera pas
à atteindre son apogée dans les alcôves. Le
roman préconise en somme la levée des vannes de tout refoulement.
La trame donne cependant une conception assez estudiantine de laffranchissement
dun éréthisme déployé à travers de longues
nouvelles. Cest moins un roman quune variation sur un thème,
qui sappuie à laxe commun dune sculpture servant de prétexte
à lauteure pour fureter dans le monde de lart afin dauréoler
son uvre, écrite dune plume plutôt banale.
Dans
un filon comparable, François Barcelo a concocté, dans Je vous ai
vue Marie, une histoire hilarante infiniment plus riche, tournant autour de la
statue dune Vierge qui montre ses fesses à un vieillard et à
une adolescente.
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