Paul-André Proulx


Littérature Québecoises


Vézina, Richard

Gaston, Bibiane et les Ballons roses.
Éd. Carte blanche, 2009, 203 p.

Un grand-père malcommode

Gaston, un directeur d’école à la retraite, chasse son ennui en entourant sa petite-fille Bibiane d’une attention excessive. Habitant le même condominium que ses parents, il a un accès facile à l’enfant. Malheureusement, son tempérament bouillant envenime les relations qu’il entretient avec les siens. Au fil du temps, il les a tellement exacerbés qu’ils ont rompu tout lien avec lui.

Sa fille Louise a même vendu son logement pour fuir son père. Qu’à cela ne tienne, rien ne l’empêchera de revoir Bibiane, surtout le jour de son anniversaire pour lui offrir des ballons roses. Il recourt même au tribunal afin qu’on lui accorde des droits de visite à sa petite-fille. En attendant que sa cause soit entendue, il se lie d’amitié avec un aveugle. Leur entente est si harmonieuse qu’ils organisent un voyage en Italie afin de se rendre jusqu’au mont Etna, un volcan qu’André a toujours voulu approcher malgré sa cécité. Voyage qui ne sera pas étranger au bonheur que recouvrera le grand-père, qui a su adopter une conduite raisonnable en dépit de son caractère.

Le roman se fait l’écho des disputes familiales découlant de paroles et d’attitudes inappropriées. Il n’est pas facile de faire entendre raison à un verbomoteur entêté et manipulateur. S’adressant à un large public, l’œuvre illustre assez bien les dysfonctions familiales, qui commandent souvent d’écarter un membre pour ne pas sombrer. D’aucuns peuvent cependant reprocher à l’auteur sa plume bavarde, qui donne de nombreux passages oiseux. Certains de ses personnages sont d’ailleurs de véritables pies écornifleuses. Ce qui détonne le plus, c’est le décalage intellectuel du héros. Féru de littérature et d’écriture, il se transforme en béotien peu scolarisé quand il parle. Ça surprend d’autant plus que le roman ne vise pas à créer un contraste entre l’oralité et l’instruction du héros. Si l’écriture avait été moins laborieuse, les incongruités auraient passé presque inaperçues d’autant plus que ça ne manque pas d’émotions.