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Saucier,
Jocelyne
Il
pleuvait
des
oiseaux.
Éd.
XYZ,
2011,
179
p.
Mourir
dignement
Lincendie
de
forêt
a
brûlé
les
pas
des
amants
à
tout
jamais
désunis.
Pour
fuir
le
brasier,
qui
a
ruiné,
en
1916,
deux
cent
quarante-trois
vies
à
Matheson
dans
le
Nord
ontarien,
les
jumelles
Polson
se
sont
hissées
sur
un
radeau
alors
que
pleuvaient
des
oiseaux
asphyxiés
en
plein
vol.
Les
deux
surs
ont
échappé
à
la
mort,
mais
quest-il
devenu
de
leur
ami
Boychuck,
lui
qui
les
avait
de
si
près
tenues,
aurait
écrit
Rutebeuf
?
La
vie
serait-elle
une
entreprise
vouée
à
la
disparition
des
êtres
aimés
?
Languir
de
les
retrouver
semblent
la
tâche
des
survivants,
voire
de
leur
inventer
un
destin
pour
échapper
à
une
tristesse
parente
de
la
folie.
Carburer
aux
souvenirs
de
gens
peut-être
encore
vivants,
cest
le
calvaire
des
parents
denfants
disparus
comme
celui
de
Boychuck,
un
peintre
qui
a
immortalisé
les
jumelles
disparues
sur
ses
toiles.
Les
grands
espaces
soffrent
à
lartiste
devenu
vieux
pour
le
consoler
de
ses
amours
mortes.
Avec
Tom
et
Charlie,
il
se
terre
près
dun
lac
dissimulé
dans
la
forêt.
Cest
leur
ermitage
secret,
où
ils
espèrent
connaître
une
douce
fin
à
linstar
des
oiseaux
qui
se
cachent
pour
mourir.
Les
vieillards
ne
cherchent
pas
à
renouer
avec
le
bonheur,
mais
à
protéger
leur
liberté
contre
les
bonnes
intentions
des
travailleuses
sociales.
Cette
retraite
nempêche
pas
la
venue
de
deux
femmes,
qui
les
ensorcèlent
à
leur
insu
en
les
ouvrant
à
autrui
même
si
leurs
jours
sont
comptés.
Tant
quil
y
a
de
la
vie,
il
y
a
de
lespoir
!
Et
quand
vient
le
dernier
moment,
ils
ne
se
déparent
pas
de
leur
dignité
comme
dans
LAttraction
terrestre
dHélène
Vachon,
quittes
à
recourir
à
la
strychnine
pour
alléger
leur
départ.
«
Le
sourire
chez
un
mort,
cest
une
dernière
politesse.
»
Le
roman
repose
sur
la
technique
que
lauteure
avait
utilisée
pour
Jeanne
sur
les
routes,
un
journaliste
de
Rouyn
obsédé,
dans
les
années
1930,
par
une
communiste
de
passage.
Dans
sa
dernière
uvre,
cest
la
photographe
qui
est
hantée
par
les
patriarches.
En
joignant
la
petite
communauté,
son
attention
se
porte
sur
les
toiles
de
Boychuck
mort
quelques
jours
avant
son
arrivée.
Tom
et
Charlie
sont
intrigués
par
son
acharnement
à
vouloir
reconstituer
la
vie
et
luvre
de
leur
comparse,
un
solitaire
troublé
par
ses
«
blessures
ouvertes
».
Jocelyne
Saucier
garde
le
cap
sur
la
quête
de
ce
personnage.
Son
investigation
maintient
une
force
centripète,
qui
vrille
constamment
le
cur
de
la
thématique.
Bref,
cest
un
parangon
quenrichit
une
écriture
dépouillée,
qui
sharmonise
tout
en
musique
à
la
simplicité
de
la
nature.
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