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Laferrière,
Dany.
Je
suis
un
écrivain
japonais.
Éd.
Boréal,
2008,
264
p.
L'Universalité
de
l'écrivain
"
Vous
m'incarcérez,
mais
vous
ne
pouvez
m'enlever
ma
liberté
",
disait
un
détenu
à
son
geôlier
dans
un
goulag
de
la
Sibérie.
Il
n'est
pas
aisé
de
définir
la
liberté.
Dany
Laferrière
s'y
essaie
avec
ce
roman.
Sa
définition
rejoint
l'esprit
du
prisonnier
de
Soljenitsyne.
Pour
y
arriver,
Dany
Laferrière
départage
ce
qui
existe
de
son
emballage,
comme
Diderot,
dont
il
est
un
brillant
disciple.
Son
ouvrage
est
en
somme
un
pied
de
nez
aux
contingences
qui
réduisent
l'auteur
à
son
origine.
Pourquoi
Dany
Laferrière
ne
serait-il
pas
un
écrivain
japonais
?
Le
titre
est
banal
puisque
l'auteur
en
est
à
son
onzième
roman.
Ce
qui
achoppe,
c'est
la
restriction
qu'impose
l'adjectif.
La
localisation
semble
aller
à
l'encontre
de
ce
qu'il
dénonce.
Il
faut
y
voir
l'ironie
de
l'auteur,
qui
suscite
la
curiosité
pour
nous
entretenir
de
distinction.
Le
lecteur
n'est
pas
dupe
quand
il
parcourt
un
livre.
Même
s'il
se
glisse
dans
la
peau
d'un
samouraï,
il
sait
bien
qu'il
n'est
pas
un
guerrier
japonais.
C'est
l'immense
avantage
de
la
littérature
de
nous
induire
dans
tous
les
rôles
au-delà
de
toutes
les
frontières.
Ce
roman
est
un
hommage
rendu
à
tous
ceux
qui,
par
la
magie
de
la
plume,
nous
entraînent
à
leur
suite
par-delà
le
temps.
Comme
une
étoile
éteinte,
même
les
écrivains
disparus
sont
des
guides,
comme
le
poète
japonais
Basho,
qui
est,
en
quelque
sorte,
le
principal
personnage
puisqu'il
a
été
choisi
par
Dany
Laferrière
pour
illustrer
l'esprit
qui
doit
présider
à
toute
quête.
Le
lecteur
et
l'écrivain
ne
sont
que
l'avers
et
le
revers
d'une
même
médaille.
Les
caractérisations
ne
sont
qu'affaires
d'éditeurs,
de
publicité
et
de
médias.
Dany
Laferrière
se
montre
moqueur
à
leur
endroit.
Il
imagine
même
la
droite
japonaise
condamnant
le
narrateur,
avant
même
la
sortie
de
son
roman
au
nom
du
nationalisme
étroit
des
Hérouxvilliens.
Malheureusement,
de
nombreux
chroniqueurs
ont
livré
le
punch
du
dénouement.
Bref,
ce
chef-d'uvre
présente
l'écrivain
comme
un
non-être
dans
le
sens
qu'il
est
ouvert
à
toute
identité.
"
Un
pour
tous
",
diraient
les
mousquetaires.
Ce
n'est
pas
sans
rappeler
L'Expérience
interdite
d'Ook
Chung,
qui
a
traité
la
thématique
d'un
point
de
vue
inverse.
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