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Moreau,
François.
La
Bohème.
Éd.
Triptyque,
2009,
189
p.
Les
jeunes
Québécois
des
années
1950
François
Moreau
a
fait
un
roman
de
La
Bohème
de
Charles
Aznavour.
Il
en
a
même
gardé
le
titre
pour
présenter
son
alter
ego,
un
Montréalais
de
17
ans,
qui
sembarque
à
bord
dun
bateau
brinquebalant
sans
connaître
sa
destination.
Pour
payer
son
passage,
il
accepte
dêtre
le
cuisinier
de
léquipage.
Après
avoir
essuyé
une
tempête,
le
brave
jeune
homme
aboutit
en
Angleterre,
où
il
remarque,
sur
le
quai,
une
femme,
dont
limage
le
poursuit
tout
au
long
de
son
périple
en
Europe.
Que
vient-il
y
chercher
?
La
Bohème
sinscrit
dans
la
foulée
du
Refus
global,
qui
a
poussé
vers
létranger
de
nombreux
jeunes
intellectuels,
fatigués
de
lère
duplessiste.
À
linstar
de
Pierre
Elliot-Trudeau
parti
en
Chine
avec
Jacques
Hébert,
plusieurs
dentre
eux
voulurent
parfaire
leur
apprentissage
à
lextérieur
du
Québec
afin
de
ventiler
les
contraintes
imposées
par
une
société
repliée
sur
elle-même.
Quant
à
lui,
le
François
du
roman
veut
sétablir
en
France
via
la
Belgique
afin
dobtenir
une
lettre
de
recommandation
dun
curé,
un
relent
de
lépoque,
qui
lui
ouvre
les
portes
du
journalisme.
Malheureusement,
il
nest
pas
assez
rémunéré
pour
répondre
à
ses
besoins,
voire
les
plus
essentiels.
Mais,
comme
dit
la
chanson,
sa
vie
de
bohème
le
rend
heureux
même
sil
ne
mange
«
quun
jour
sur
deux
».
En
attendant
quil
se
couvre
de
gloire
grâce
à
sa
plume,
il
enfile
les
conquêtes
dun
soir
sans
se
soucier
du
mal
quil
cause.
La
virilité
de
ce
beau
gosse,
comme
en
témoigne
la
page
couverture,
en
a
fait
un
être
prétentieux
et
trop
narcissique
pour
aimer
autrui
jusquà
ce
quil
retrouve
par
hasard
lAnglaise
croisée
à
son
arrivée.
Elle
lui
apprendra
à
ses
dépens
quil
faut
savoir
sengager.
La
bohème,
«
ça
ne
veut
plus
rien
dire
du
tout
»
pour
affronter
la
désorganisation
de
laprès-guerre.
Lheure
est
à
linitiative
de
la
reconstruction.
Ce
portrait,
juste
mais
convenu,
des
jeunes
de
la
décennie
des
années
1950,
manque
de
mordant
pour
accrocher
le
lecteur.
Le
héros
nest
pas
sans
rappeler
tous
les
jeunes,
dont
Louis
Gauthier
et
Guillaume
Vigneault
ont
tracé
le
cheminement
vers
leurs
pays
intérieurs.
Mais
François
Moreau
en
a
fait
un
être
si
suffisant
quil
perd
tout
le
capital
de
sympathie
créé
par
sa
bravoure
en
traversant
lAtlantique
sur
un
rafiot
agonisant,
piloté
de
surcroît
par
un
alcoolique.
Il
reste
que
le
héros
apprend
quil
«
fait
froid
en
Bohème
».
Pour
éviter
davoir
«
le
cur
en
carême
»,
il
faut
savoir,
selon
Gilbert
Bécaud,
que
cest
la
rose,
limportant,
«
la
fleur
qui
danse
sur
le
temps
»,
celle
qui
transcende
les
désirs
du
moment.
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