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Bertrand,
Stéphane
L'Abri.
Éd.
Hurtubise,
2009,
155
p.
Les
Institutions
pour
handicapés
  
En
2003,
Léon
Lafleur,
le
directeur
du
centre
Saint-Charles-Borromée
de
Montréal,
s'est
suicidé
quand
les
médias
eurent
attiré
l'attention
sur
les
mauvais
traitements
dont
certains
résidents
étaient
victimes.
Cette
exaction
rappelle
aussi
une
patiente
psychiatrisée
de
l'hôpital
Rivière-des-Prairies,
sis
dans
la
même
ville,
qui
devint
enceinte
après
avoir
été
abusée
par
un
employé.
Joignant
ces
deux
faits,
sûrement
à
son
insu,
l'auteur
a
concocté
une
trame
qui
se
veut
une
mise
au
point
sur
le
magnifique
travail
des
préposés
des
centres
d'hébergement,
en
l'occurrence
un
centre
pour
handicapés.
Le
héros,
marié
et
père
du
petit
Arthur,
est
un
écrivain
qui
exerce
mille
et
un
métiers
pour
joindre
les
deux
bouts.
Après
un
rapide
cours
de
soins
aux
handicapés,
il
décroche
un
emploi
dans
une
institution
de
la
rue
Sainte-Catherine,
dirigée
par
Edmond,
un
Haïtien
d'une
compétence
indiscutable.
Homme
d'honneur,
il
maintient
dans
son
établissement
un
professionnalisme
irréprochable.
Mais
la
chair
est
faible,
dit
le
dicton.
Le
directeur
général
ne
peut
tout
contrôler,
surtout
les
déviances
latentes
des
employés,
soucieux
généralement
de
s'abstenir
du
geste
répréhensible
qui
encourrait
la
perte
de
leur
emploi.
Centré
sur
un
grave
incident,
dont
sont
friands
les
médias
pour
accroître
le
nombre
de
leurs
lecteurs
ou
de
leurs
auditeurs,
le
roman
s'attarde
aux
préposés,
dont
la
tâche,
parfois
rebutante,
exige
un
dévouement
sans
bornes,
comme
celle
de
retirer
à
mains
gantés
les
excréments
des
patients
constipés.
La
bonne
volonté
est
mise
à
rude
épreuve
quand
un
événement
malheureux
vient
discréditer
un
personnel
déjà
porté
à
la
dépression
par
la
surcharge
de
travail.
Quand,
en
plus,
ils
sont
minés
de
l'extérieur
par
des
médias
qui
ont
tendance
à
généraliser
les
faits
isolés,
leur
équilibre
chancèle
tout
en
se
répercutant
sur
l'entourage.
Stéphane
Bertrand
brosse
à
traits
vifs
le
tableau
d'une
institution
très
vulnérable
devant
l'opinion
publique
tout
en
contournant
le
piège
de
l'apitoiement.
Il
y
est
parvenu
en
faisant
ressortir
avec
humour
les
liens
conviviaux
que
nouent
les
préposés
entre
eux
et
avec
les
patients.
Son
roman,
destiné
à
un
vaste
public,
fera
sourciller
le
lecteur,
qui
reprochera
à
l'auteur
de
poursuivre
plusieurs
lièvres
à
la
fois.
L'intrigue
tourne-t-elle
autour
du
sort
du
directeur
qui
disparaît
sans
crier
gare
ou
de
la
victime
du
viol
?
Ni
l'un
ni
l'autre.
Le
roman
répond
à
l'urgence
de
faire
connaître
les
répercussions
sur
le
personnel
d'une
institution
matraquée
de
toute
part.
Bref,
l'auteur
précise
avec
beaucoup
d'empathie
les
conditions
qui
prévalent
pour
les
préposés
de
L'Abri,
l'institution
prise
en
faute,
tout
en
balayant
malheureusement
du
revers
de
la
main
les
justes
récriminations
du
père
de
l'handicapée
abusée.
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