Paul-André Proulx

Littérature Québecoises
Fayonna, Anna.

La Confusion des photogéniques.
Éd. Quart de lune, 2011, 249 p.

Riches New Yorkaises

Haïtienne d'origine, Anna Fayonna est une auteure peu connue. Elle a pourtant déjà cinq romans à son actif. Dans La Confusion des photogéniques, elle rassemble, chaque semaine pour le lunch, les femmes de riches New Yorkais qu'elle montre sous un jour peu valeureux.

 

Elle s'attache, en particulier, à une Montréalaise issue d'un milieu modeste, qui a choisi la Big Apple pour améliorer son sort comme serveuse dans un chic restaurant. Le destin a voulu qu'un millionnaire croise son chemin. Aussitôt embrasé par un coup de foudre, il quitte sa femme afin de marier cette Québécoise beaucoup plus jeune que lui. Il reste à savoir si le temps n'érodera pas leur amour.

Les prémices servent de prétexte pour s'immiscer dans la brigade féminine bien argentée de New York. La conversation tourne autour de la misère des femmes mariées à de gras portefeuilles. Toutes craignent d'être trompées quoique la plupart soient assurées de la solidité de leur amour. Mais ne sait-on jamais. Et quand la vérité éclate, le drame ne laisse pas au lit le temps de se refroidir. Ce sont des femmes superficielles, qui n'accordent d'importance qu'à leur apparence. Entre leurs réunions hebdomadaires, c'est la course dans les grands magasins pour entretenir leur image rutilante en dépit de la confusion qu'elles éprouvent à l'égard des valeurs.

Cette existence vidée de son sens sous-tend peu de préoccupations sociales. Le roman décrit le mythe américain de la réussite frelatée. L'idéal féminin serait de se trouver un pourvoyeur fidèle. L'œuvre serait plus exaltante si l'écriture était moins convenue.