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Lalancette,
Guy
La
Conscience
dÉliah.
Éd.
VLB,
2009,
193
p.
Un
juvénat
de
frères
Ce
roman
dévoile
latmosphère
régnant
dans
les
juvénats
des
frères.
Les
communautés
initiaient
à
la
vie
religieuse
des
éphèbes,
attirés
par
le
prestige
social
dont
elles
jouissaient
et
par
des
frais
scolaires
dérisoires.
Cétait
avant
que
le
ministre
de
lÉducation,
Paul
Gérin-Lajoie,
chamboule
le
Québec
avec
lOpération
55,
soit
la
construction
de
55
écoles
secondaires
publiques.
Inaptes
à
jouer
un
rôle
parental,
les
frères
laissaient
leurs
postulants
à
eux-mêmes
en
dehors
de
leur
formation
et
de
leur
instruction.
Le
vide
était
rapidement
comblé
par
le
matamore
du
juvénat,
appuyé
de
ses
acolytes.
Ce
dernier
imposait
sa
loi
par
la
terreur.
Les
récalcitrants
risquaient
gros,
comme
lindique
Sylvain
Meunier
dans
Meurtre
au
bon
Dieu
qui
danse
le
twist
(Vents
dOuest).
Pendant
que
les
parents
croyaient
leurs
rejetons
en
sécurité
dans
un
lieu
de
sanctification,
les
plus
vulnérables
étaient
humiliés
par
leurs
pairs.
La
fureur
atteignait
davantage
les
élèves
aux
tendances
sexuelles
ambivalentes.
Les
amourettes
homosexuelles
nétaient
pas
rares,
comme
le
précise
Bertrand
B.
Leblanc
dans
Horace
ou
lart
de
porter
la
redingote
(Leméac).
Le
héros,
Éliah
Pommovosky,
a
goûté
à
la
médecine
dun
de
ces
fanfarons
quand
ce
dernier
a
découvert
son
amitié
particulière
pour
Gabriel
Blanc.
La
narration,
confiée
à
la
conscience
dEliah,
rapporte
lamour
interdit
du
héros,
perturbé
dès
lenfance
par
un
père
quil
aimait,
mais
qui
nen
a
pas
moins
tué
sa
femme.
Des
mises
en
abîme,
bien
intégrées
à
la
trame,
font
ressortir
les
causes
qui
lont
rendu
impuissant
à
écouter
la
voix
de
sa
conscience
tellement
la
souffrance
morale
le
dépassait
en
raison
de
son
jeune
âge.
Cest
en
sinfligeant
des
blessures
corporelles
quil
croyait
apaiser
sa
douleur,
accrue
de
surcroît
par
toutes
les
trahisons,
qui
ont
émaillé
son
adolescence.
Et
le
temps
na
pas
arrangé
les
choses.
Devenu
professeur,
il
sest
marié,
mais
sa
vie
de
couple
sest
dissoute
dès
la
première
nuit
de
noces,
tellement
lempreinte
de
Gabriel
est
resté
profonde.
La
tragédie
accompagne
souvent
lincompréhension
dautrui.
Tragédie
qui
impose
deux
pôles
au
roman
:
soit
celui
dune
intervention
policière
et
du
profilage
psychologique.
Lauteur
a
évité
le
piège
facile
du
sadisme
en
exploitant
les
tenants
et
les
aboutissants
des
situations
propices
à
la
criminalité.
Soutenu
par
une
écriture
complexe
accentué
par
labus
des
appositions,
des
participiales,
des
parenthèses
et
des
tirets,
le
roman
évoque
un
passé,
qui
a
ses
échos
dans
lactualité
sous
la
forme
du
taxage
et
du
bizutage
dans
les
universités.
Bref,
cest
un
polar
psychologique
unique
en
son
genre.
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