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Laberge,
Andrée.
L'Aguayo.
Éd.
La
Courte
Échelle,
2001,
196
p.
Une
métisse
bolivienne
Avec
son
roman,
Andrée
Laberge
nous
emmène
en
Bolivie,
un
pays
qu'elle
décrit
avec
amour.
Nous
y
rencontrons
des
femmes
coiffées
d'un
chapeau
rond
en
cuir
et
emmitouflées
dans
une
couverture
bigarrée
que
l'on
appelle
aguayo.
L'extrême
pauvreté
représente
leur
dénominateur
commun.
À
l'instar
des
personnages
de
Jean
Raymond
dans
Le
Roi
de
l'ordure,
elles
trient
des
détritus
pour
subsister.
Et
comme
l'héroïne
de
ce
roman,
certaines
s'en
tirent
mieux
si
elles
consentent
de
vendre
leur
virginité
à
ceux
qui
exploitent
les
richesses
du
sous-sol
bolivien.
Maria,
une
métisse
ravissante,
a
justement
refusé
l'invitation
d'Antonio,
le
patron
d'un
grand
hôtel,
de
joindre
la
cohorte
des
pucelles
appelées
à
satisfaire
des
étrangers
ou
des
notables
qui
complètent
leurs
opérations
d'affaires
en
salissant
celles
que
la
misère
a
rendues
vulnérables.
Élevée
par
des
religieuses
dans
un
orphelinat,
la
jeune
Bolivienne
s'est
déniché
un
emploi
de
ménagère
à
cet
hôtel
grâce
à
la
recommandation
de
la
supérieure,
toutes
les
deux
ignorant
le
droit
de
cuissage
assorti
aux
tâches
hôtelières.
Maria
n'est
pas
femme
à
s'en
laisser
imposer,
même
par
son
patron.
Le
vieux
"
porc
"
l'apprendra
à
ses
dépens.
Au
contact
des
religieuses,
l'héroïne
a
développé
un
goût
pour
la
lecture
et
l'écriture,
qui
lui
servent
maintenant
de
viatiques
contre
la
lâcheté
des
hommes.
Et
c'est
ironiquement
parmi
les
clients
de
l'hôtel
qu'elle
va
trouver
un
allié
en
la
personne
d'Alcides,
un
natif
de
la
Bolivie,
de
retour
dans
son
pays
pour
remettre
sur
pied
une
mine
d'étain
désaffectée,
passée
aux
mains
d'une
entreprise
du
Canada.
Il
parachève
son
instruction
en
lui
prêtant
les
recueils
de
poèmes
qu'il
a
apportés
avec
lui,
en
plus
de
lui
fournir
crayons
et
papier
pour
que,
le
soir
venu,
elle
puisse
raconter
le
sort
réservé
aux
femmes
de
sa
caste.
Cette
approche
toute
littéraire
vise
quand
même
à
séduire
Maria,
intéressée
de
toute
façon
par
cet
Adonis,
heureusement
honnête.
Pour
prouver
ses
bonnes
intentions,
il
lui
propose
même
de
l'emmener
à
Montréal
à
son
retour.
Alcides
quittera
son
pays
natal
heureux,
main
on
ne
peut
pas
en
dire
autant
de
Charles,
son
collègue
québécois.
Il
réussira
certes
la
mission
que
son
patron
lui
a
confiée,
mais
non
sans
achopper
sur
la
culture
bolivienne.
Il
est
incapable
de
supporter
la
sensualité
que
dégagent
les
habitants.
Pour
lui,
tout
doit
s'activer
autour
d'activités
dépourvues
de
sentiments.
Son
séjour
l'ébranlera
au
point
de
devoir
remettre
en
question
ses
principes
rigides
s'il
veut
garder
un
sain
équilibre.
Comme
ceux
qui
ont
connu
les
horreurs
de
la
guerre,
il
restera
traumatisé
par
ce
pays
qui
échappe
aux
règles
de
sa
rectitude.
L'Aguayo
est
une
uvre
à
deux
voix.
Maria,
comme
narratrice,
clame
ses
misères
tandis
que
Charles,
en
prenant
la
relève,
condamne
la
convivialité,
source
de
tous
les
malheurs.
Leurs
chants
s'harmonisent
pour
dénoncer
brillamment
ce
qui
brise
les
âmes.
Cependant
on
peut
douter
que
l'écriture
et
l'éveil
des
consciences
puissent
représenter
les
voies
du
salut.
Il
reste
que
ce
roman
d'une
brûlante
urgence
est
captivant,
instructif,
bien
ficelé
et
écrit
avec
maîtrise.
Comme
Gilles
Gougeon
et
Michel
Régnier
à
propos
du
Pérou,
Andrée
Laberge
lève
le
voile
sur
la
réalité
bolivienne.
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