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Leduc-Leblanc,
Jérémie.
La
Légende
des
anonymes
Éd.
Triptyque,
2011,
154
p.
Exister
 
Existé-je
?
Cest
la
question
du
légataire
perplexe
de
la
vie,
obligé
de
dresser
une
liste
de
ce
quil
veut
pour
savoir
sil
existe
au
moins
sur
papier.
Et
encore
là,
quel
mot
écrire
pour
boucler
une
existence
qui
se
déroule
dans
lambiguïté
?
Les
protagonistes
des
nouvelles
ne
parviennent
pas
à
marcher
dans
leurs
pas.
Un
monde
les
sépare
deux-mêmes.
Ce
sont
des
étrangers
dun
moi
sans
mots
pour
se
dire.
Chacun
cherche
à
immerger
de
la
solitude.
Mais
les
départs
dautrui
les
guettent
comme
un
rhume
en
hiver,
la
saison
qui
fait
hiberner
les
ours.
Le
retranchement
nest
pas
la
vie.
Il
faut
se
construire
un
paysage
affectif
quinterdit
malheureusement
le
désert
existentiel.
Le
sable
sempresse
deffacer
toute
trace
du
pas
en
direction
de
lautre.
Labsence
coupe
les
ponts
unificateurs.
Bref,
les
personnages
sont
des
îles
que
la
topographie
a
oublié
didentifier.
Lauteur
a
revisité
le
mythe
de
Sisyphe
en
précisant
les
symboles
responsables
de
la
disparition
des
humains
derrière
un
NIP,
une
carte
de
crédit,
un
code
postal,
un
numéro
dassurance
sociale
ou
dune
facture.
Les
personnages
cherchent
leur
pays
des
merveilles.
Mais
il
est
difficile
de
naître
de
son
terreau
quand
on
nest
pas
écrivain
pour
écrire
le
dernier
mot
de
son
existence.
Choisir
le
mot
qui
empêche
de
faire
ses
deuils
en
silence,
le
mot
qui
autorise
de
signifier
son
existence,
de
rendre
tangible
labsence
et
le
vide
au
cur
du
Mile-End
de
Montréal,
dAuschwitz,
de
Meir-Kebrah
en
Israël.
Cette
uvre
très
pertinente
insiste
sur
la
nécessité
de
ne
pas
devenir
une
légende
anonyme
dans
un
univers
qui
n'a
pas
souri,
en
particulier,
à
de
nombreux
juifs
en
quête
didentité.
Le
recueil
se
signale
par
ses
références
culturelles
et
son
atmosphère
européenne.
En
dehors
de
toute
transcendance,
lauteur
décrit
habilement
lenjeu
de
notre
passage
sur
terre.
Il
la
fait
avec
une
cohérence
qui
confère
une
grande
unité
à
son
uvre.
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