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Tremblay,
Lise
La
Sur
de
Judith.
Éd.
du
Boréal,
2007,
169
p.
Une
époque
charnière
pour
les
femmes

L'éditeur
précise
sur
la
quatrième
de
couverture
que
Lise
Tremblay
trace,
avec
La
Sur
de
Judith,
le
tableau
de
la
ruralité.
Pourtant,
Chicoutimi,
qui
sert
de
toile
de
fond
au
roman,
n'est
pas
un
village.
L'auteure
a
plutôt
écouté
le
glas
qui
a
sonné,
à
l'aube
des
années
1970,
la
fin
de
la
rectitude
sociale
en
Occident.
Comme
Stéphane
Venne,
elle
rappelle
que
c'était
"
le
début
d'un
temps
nouveau
",
amorcé
par
Mai
68,
le
Printemps
de
Prague,
la
Crise
d'octobre
et
les
festivals
de
Woodstock
et
de
l'île
Wight.
Le
Québec
a
salué
ce
vent
de
fraîcheur
avec
l'ouverture
d'écoles
polyvalentes
et
d'universités
régionales.
D'ailleurs,
la
jeune
narratrice
vit
son
dernier
été
avant
qu'elle
ne
devienne
une
élève
du
cours
secondaire.
Le
congé
estival,
riche
en
péripéties,
accélère
son
initiation
à
l'univers
des
femmes.
Son
apprentissage
passe
par
l'observation
de
ses
aînées.
Il
n'est
donc
pas
surprenant
de
la
voir
épier
sa
mère,
les
voisines
et,
surtout,
la
sur
de
Judith,
la
nouvelle
représentante
de
la
gent
féminine,
qui
espère
accompagner,
comme
danseuse
à
gogo,
Bruce
et
les
Sultans,
un
groupe
de
chanteurs
à
la
mode
vers
la
fin
des
années
1960.
Mais
c'est
des
potinières
qu'elle
tirera
les
renseignements
les
plus
pertinents
sur
la
mission
qui
l'attend.
Aiguillée
vers
le
savoir
par
une
mère
frustrée
de
n'avoir
pu
enseigner,
la
jeune
héroïne
réalise
qu'il
n'est
pas
si
facile
de
devenir
une
"
femme
libérée
".
Déjà
passionnée
de
lecture,
elle
amorce
quand
même
son
adolescence
avec
confiance.
Comme
pour
Charles
le
téméraire
d'Yves
Beauchemin
ou
l'héroïne
de
L'Apprentissage
de
Madeleine
Ouellette-Michalska,
l'avenir
s'annonce
prometteur.
Lise
Tremblay
a
brossé
le
portrait
d'une
époque
pas
si
lointaine
qui
confinait
les
femmes
à
la
vie
privée.
On
leur
interdisait
l'espace
public
que
l'on
réservait
à
la
gent
masculine.
Même
le
champ
de
l'enseignement
leur
échappait
si
elles
étaient
mariées.
C'est
avec
une
écriture
dépouillée
d'artifices
et
sur
un
ton
décontracté
que
l'auteure
a
jeté
un
il
sur
l'époque
charnière
qui
a
entrouvert
ses
portes
aux
filles
d'Ève.
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