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Botchorichvili,
Elena
La
Tête
de
mon
père.
Éd.
Boréal,
2011,
75
p
Valeurs
d'une
famille
géorgienne
Vingt
ans
après
la
dissolution
de
l'Union
soviétique
en
1991,
Elena
Botchorichvili
se
souvient.
Cette
Montréalaise,
née
en
1961
en
Géorgie,
s'est
donné
un
alter
ego
en
la
personne
du
narrateur.
Ce
dernier
immigré
au
Canada
écrit
une
longue
lettre
à
son
fils,
qui
veut
profiter
de
son
voyage
de
noces
pour
visiter
le
pays
de
ses
parents.
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Le
récit
couvre
l'ère
stalinienne
jusqu'à
Gorbatchev.
Comment
vivaient
les
Géorgiens
sous
la
botte
soviétique
?
Ils
étaient
heureux
de
vivre
dans
la
grisaille
imposée
par
l'URSS.
Comme
des
poissons
dans
un
aquarium,
personne
ne
se
souciait
de
son
avenir.
Les
besoins
essentiels
étaient
assurés.
La
population
était
curieusement
satisfaite
de
sa
pauvreté,
que
le
régime
élevait
au
rang
des
vertus
théologales.
En
fait,
elle
acceptait
la
misère,
car
tous
étaient
devenus
égaux
selon
le
principe
du
nivellement
par
la
base.
"
Bienheureux
les
pauvres
",
ils
bénéficieront
des
miettes
de
la
parcimonie
des
cieux
rouges.
La
situation
n'empêche
pas
les
Géorgiens
de
s'organiser
tout
en
profitant
des
minces
avantages
de
l'État.
Avantages
destinés
uniquement
à
ceux
qui
côtoient
les
apparatchiks
dans
leur
travail.
Le
père
du
narrateur
est
l'un
de
ceux-là.
D'abord
combattant
lors
du
siège
de
Leningrad,
il
est
affecté
à
la
tâche
de
rédiger
les
textes
des
têtes
dirigeantes.
À
ce
titre,
la
famille
jouit
de
privilèges
comme
des
vacances
à
la
mer.
Ce
bonheur
se
dissout
avec
la
dislocation
des
républiques
socialistes.
Faute
de
voix
pour
pointer
une
nouvelle
voie,
la
guerre
civile
déchire
la
Géorgie,
causant
conséquemment
la
mort
du
père
que
l'on
fit
enterrer,
la
tête
séparée
du
corps,
près
de
la
datcha
qu'il
avait
construite
sur
une
montagne.
C'est
Mzia,
la
mère,
qui
est
cependant
l'âme
de
la
famille.
Ce
n'est
pas
une
femme,
"
c'est
une
vraie
fête
".
Ancienne
actrice,
ventriloque
dans
un
cirque,
elle
attire
tous
les
regards
avec
son
large
chapeau
blanc
sans
que
rien
n'y
paraisse,
y
compris
sa
claudication
qu'elle
camoufle
par
une
démarche
chaloupante.
Comme
dans
Faïna,
la
femme
anime
ce
pays
achromatique.
Et
Mzia
est
toute
une
femme.
Une
femme
à
l'instar
de
celles
de
Fellini,
mais
moins
peinturlurée.
Comme
il
s'agit
d'une
lettre
d'un
père
à
son
fils,
la
narration
suit
l'inspiration
du
moment.
Le
texte
voyage
en
toutes
directions
sans
crier
gare.
Mais
ce
n'est
pas
du
coq-à-l'âne.
Tout
converge
vers
la
création
de
repères
filiaux
pour
se
diriger
sur
les
routes
de
la
vie.
En
fait,
ce
court
roman
(75
p.)
est
un
blason
parfait
de
la
famille
géorgienne
que
le
lecteur
québécois
connaît
de
plus
en
plus
grâce
à
cette
auteure
minimaliste,
qui
a
un
esprit
de
synthèse
incroyable.
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