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Séguin,
Benoît
.
La
Voix
du
maître.
Éd.
Hurtubise,
2009,
305
p.
LEnseignement
collégial
Un
enseignant
du
collégial
est
devenu
aphone
après
un
cancer
du
larynx.
Grâce
à
des
ententes
entre
la
direction
et
le
syndicat,
Normand
Mailhot
continue
dexercer
sa
profession
dans
le
sous-sol
du
cégep
(lycée).
Les
rétroprojecteurs
deviennent
la
voix
du
maître.
Et
quel
maître
!
Il
enseigne
la
littérature
à
des
élèves,
qui
se
retrouvent
deux
fois
par
semaine
dans
lombre
dun
quasi-monastère,
dont
le
silence
nest
rompu
que
par
des
chants
grégoriens.
Recréant
latmosphère
de
lenseignement
de
la
scolastique
au
Moyen
Âge,
il
fait
revivre
à
ses
élèves
les
désarrois
de
Saint-Exupéry
à
travers
Pilote
de
guerre,
un
roman
écrit
pour
encourager
son
pays
à
se
tirer
des
griffes
du
mal
que
représentait
lenvahisseur
nazi.
Bref,
Saint-Exupéry
a
combattu
le
fascisme
avec
son
avion
et
une
plume
aucunement
entachée
de
mièvrerie,
comme
le
laisse
croire
Le
Petit
Prince
lu
avec
une
intonation
sirupeuse
par
Gérard
Philippe.
Lenseignant
transpose
cette
dynamique
à
ses
élèves
pour
quils
chassent
le
mal
qui
les
taraude
et,
en
particulier,
à
Stéphanie,
une
collégienne
manipulée
par
sa
mère.
Il
entraîne
également
Simon
dans
ce
sillage,
un
jeune
chargé
de
cours,
qui
partage
son
sanctuaire.
Le
soir,
grâce
à
MSN,
ils
échangent
leurs
points
de
vue
alors
que
Normand
Malhot
en
profite
pour
forger
son
collègue
dans
le
creuset
de
lauthenticité,
la
clé
de
tout
succès
que
repousse
une
pédagogie
prétentieuse,
tournée
vers
le
«
séduquant
»
qu'elle
lance
dans
la
gestion
personnelle
autant
des
savoirs
transversaux
que
ceux
du
magister.
Tout
comme
Stéphanie,
Simon
se
libère
enfin
dun
passé
paralysant
pour
se
tourner
vers
laction
à
linstar
de
Saint-Exupéry.
Benoît
Séguin
sadresse,
avec
une
plume
vivante,
à
des
novices
qui
sinitient
aux
textes
fondateurs
de
notre
culture,
mais
il
se
laisse
souvent
guider
par
la
priori,
en
particulier
lorsquil
exploite
la
fastidieuse
accusation
freudienne,
qui
tient
les
parents
responsables
des
maux
de
lâme.
Monique
LaRue
a
abordé
le
même
sujet,
dans
La
Gloire
de
Cassiodore,
avec
une
perspicacité
qui
transcende
les
lieux
communs
et
la
vision
romantique
dun
enseignement
dispensé
sous
une
lumière
tamisée.
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