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Michaud,
Andrée-A.
Lazy
Bird.
Éd.
Québec
Amérique,
2009,
414
p.
La
Baudruche
américaine
Quarrivent-ils
aux
enfants
quand
les
parents
se
suicident
dans
le
chalet
familial,
lieu
de
tous
les
possibles
heureux
?
Devenus
adultes,
les
rejetons
continuent
de
jouer
leur
vie
sur
un
échiquier
composé
uniquement
de
cases
blanches.
Où
poseront-ils
leurs
pions
pour
vaincre
le
mauvais
sort
sils
ne
peuvent
se
fier
à
lexpérience
parentale
?
Même
si
personne
ne
se
tire
vivant
de
la
vie,
il
faut
tout
de
même
se
frayer
un
chemin
satisfaisant,
qui
mène
du
berceau
au
tombeau.
Cest
la
voie
des
ombres
qui
semble
simposer
à
lesprit
quand
une
destinée
sinscrit
dans
le
créneau
du
suicide
de
ceux
qui
ont
pourtant
assez
cru
à
la
vie
pour
lengendrer.
Née
à
Saint-Sébastien,
village
voisin
du
Vermont,
Andrée
A.
Michaud
entraîne
son
héros,
Bob
Richard,
dans
cet
état
pour
quil
y
trouve
la
sérénité
à
linstar
du
retraité
de
Mirror
Lake,
son
précédent
roman
paru
en
2006.
Les
petits
bleds
à
lécart
des
itinéraires
touristiques
ont-ils
la
propriété
de
faire
taire
la
douleur
?
Bob
lespère
en
sinstallant
à
Solitary
Mountain,
une
petite
ville
fictive
à
50
milles
au
sud-est
de
Burlington,
où
il
décroche
un
poste
danimateur
dune
émission
nocturne,
qui
rappellera
aux
aînés
Le
Cabaret
du
soir
qui
penche
du
regretté
Guy
Mauffette.
Comme
ce
dernier,
il
attire
les
oiseaux
de
nuit
en
attente
de
la
petite
musique
qui
sharmonisera
à
leur
état
dâme.
Lexil
nest
pas
une
panacée.
Le
héros
sent
de
nouveau
les
morses
de
létau
se
resserrer
sur
lui
quand
une
mystérieuse
auditrice
demande
de
faire
tourner
Misty
dErroll
Gardner
comme
dans
le
film
Play
Misty
for
me
de
Clint
Eastwood.
Le
roman
sorganise
autour
de
cette
femme,
qui
plonge
Bob
dans
une
atmosphère
cauchemardesque
voisinant
celle
de
la
paranoïa.
Le
chef
de
police
veut
bien
laider
à
se
débarrasser
de
cette
enquiquineuse,
dont
les
appels
sont
des
menaces
voilées
à
sa
vie.
Lempathie
quil
suscite
se
volatilise
rapidement
quand
la
municipalité
devient
le
théâtre
de
lassassinat
de
deux
femmes,
dont
on
le
soupçonne
dêtre
lauteur.
Il
y
a
de
quoi
devenir
fou,
surtout
que
lintrigue
secondaire
est
nouée
à
la
disparition
dune
jeune
déjantée
que
Bob
avait
pris
sous
son
aile
pour
réparer
les
torts
de
ses
propres
parents,
qui
lont
abandonné
à
lui-même.
La
faillite
familiale
accule
les
enfants
à
la
mort
de
lâme.
Pour
y
échapper,
le
héros
développe
des
liens
chaleureux
avec
autrui
tel
que
Charlie,
un
homme
de
63
ans,
et
une
adolescente
révoltée
de
14
ans.
Ses
rapports
sont
très
touchants
parce
quils
transcendent
la
sociabilité
en
sinscrivant
dans
une
convivialité
qui
dégrève
le
mauvais
sort.
Bob
est
en
quête
dun
bonheur
pour
tous,
même
pour
sa
protégée,
qui
lui
adresse
des
fuck
you
(sic)
à
répétitions.
Cest
la
Lazy
Bird
de
John
Coltrane,
dont
les
maux
de
lâme
ne
pouvaient
être
mieux
traduits
que
par
une
connexion
du
roman
au
jazz,
la
musique
des
Noirs
américains
qui
ont
senti
mieux
que
tout
autre
la
douleur
du
rejet.
En
fait,
ce
polar
saligne
sur
une
appartenance
piratée
de
toute
part.
Porté
en
exergue
par
des
citations
tirées
des
textes
de
Jim
Morrison,
chaque
chapitre
trace
le
portrait
dun
personnage
différent
impliqué
dans
le
déroulement
dune
trame
trop
foisonnante.
Vivant
au
rythme
de
la
géographie
accidentée
des
Green
Mountains,
tous
cherchent
la
paix
de
lâme
alors
que
les
«
instruments
des
ténèbres
»,
dirait
Nancy
Huston,
concourent
à
leurs
malheurs.
Andrée
A
Michaud
démontre
que
le
paradis
nest
pas
états-unien.
Le
héros
sest
amené
chez
nos
voisins
du
Sud
sur
lair
de
Moonlight
in
Vermont
de
Billy
Holiday.
Il
a
vite
déchanté.
Cette
uvre
aux
allures
fantastiques
applique
la
psychologie
à
la
criminalité
avec
un
sourire
qui
ne
détonne
pas.
Lécriture
est
alerte
et
le
dialogue
naturel,
mais
les
défaillances
grammaticales
des
phrases
complexes
refroidissent
parfois
lenthousiasme
du
lecteur
scrupuleux.
Bref,
cest
un
plaisir
de
lire
Andrée
A.
Michaud.
Comme
Annie
Proulx,
elle
devient
de
plus
en
plus
la
portraitiste
de
la
baudruche
nord-américaine.
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