Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Leblanc-Poirier, Daniel.

Le cinquième corridor. Éd. Perce Neige, 2015, 114 p.

Un jeune perdu à Montréal

Davec un roman sur la crise de la vingtaine. À cet âge, on a réponse à tout, mais on est incapables de se comprendre. Le pauvre héros arrive de Gatineau pour s'installer à Montréal. Il a choisi d'habiter le quadrilatère compris entre les rues Saint-Denis et Saint-Laurent dans l'axe est ouest. Du nord au sud, il se promène entre les rues Mont-Royal et Sainte-Catherine. C'est le quartier réunissant la faune bigarrée de la ville, où les contacts sont plutôt faciles.


Comme le héros est dépressif, ses rencontres risquent de ne pas être très salvatrices. Qui se ressemble se rassemble. Voilà le jeune homme déjà amoureux de deux femmes. Que peut-il faire de deux femmes s'il ne s'aime pas ? Il végète en sillonnant les rues de l'arrondissement. Ses velléités sociales l'effleurent le temps d'un éclair. Rapidement, il revient à un questionnement imperméable à tout salut possible. Il tourne en rond comme un chien courant après sa queue. C'est un bon gars qui se laisse tenter par les facilités de la vie, soit les béquilles que tous connaissent. Se sortira-t-il de son marasme moral en trouvant le bon couloir à suivre ? Voilà un dilemme qui se butera à un dénouement décevant.

L'auteur détenait les clefs d'un bon roman sur les états d'âme d'un jeune, mais il a loupé son projet littéraire. Son œuvre est ennuyeuses parce qu'elle se tient à la surface des choses. Espérons que ce premier jet n'est qu'un exercice préparatoire en vue d'une publication plus consistante. En passant, l'éditeur aurait dû s'attarder aux accents circonflexes à mettre sur le u quand il en faut un.