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Lepage,
François.
Le
Dilemme
du
prisonnier.
Éd.
Boréal,
2008,
152
p.
La
Morale
et
la
Rationalité
Le
film
Les
Faussaires
illustre
parfaitement
la
ligne
discursive
de
François
Lepage
dans
Le
Dilemme
du
prisonnier.
Devons-nous
agir
en
fonction
d'intérêts
personnels
ou
en
fonction
d'intérêts
communs
?
La
question
touche
des
cordes
particulièrement
sensibles,
d'autant
plus
que
certaines
situations
remettent
en
cause
les
valeurs
séculaires
de
la
collectivité.
Cette
dernière
doit-elle
s'adapter
aux
nouvelles
donnes
ou
se
replier
pour
défendre
les
fondements
de
son
patrimoine
culturel
?
François
Lepage
analyse
la
trajectoire
suivie
par
l'individu
appelé
à
changer
de
comportement
pour
s'adapter
à
des
circonstances
nouvelles.
Le
scénariste
des
Faussaires
a
mieux
traité
de
la
problématique
en
ne
s'en
tenant
qu'à
un
seul
cas,
celui
des
juifs
condamnés
au
camp
de
la
mort,
qui
se
demandaient
s'ils
devaient
participer
à
de
la
contrefaçon
pour
le
compte
du
régime
nazi
afin
de
sauver
leur
vie.
La
résolution
du
dilemme
les
a
placés
devant
un
nud
gordien.
En
fait,
devaient-ils
agir
en
fonction
de
la
morale
ou
en
fonction
de
la
rationalité
qui
leur
épargnerait
la
mort
sur-le-champ.
Quant
à
François
Lepage,
il
a
cherché
des
exemples
dans
tous
les
continents
pour
illustrer
qu'une
conduite
consensuelle
produit
une
plus
grande
harmonie,
selon
la
théorie
des
jeux
utilisée
en
mathématiques,
appelée
plus
populairement
le
dilemme
du
prisonnier.
Comme
Neil
Bissoondath
dans
La
Clameur
des
ténèbres,
François
Lepage
aborde
cette
dichotomie
à
travers
un
professeur
français
qui
préconise
l'islam
dans
une
université
américaine,
et
une
écologiste
qui
uvre
en
Afghanistan
pour
une
ONG,
dirigée
par
un
trafiquant
de
drogue
soumis
aux
caprices
d'un
mollah
sanguinaire.
Religion,
politique
et
aide
humanitaire
sont
interpellées
sur
les
options
qu'ils
privilégient.
Leurs
actions
ne
peuvent
loger
à
l'enseigne
de
la
neutralité,
surtout
depuis
le
11
septembre
2001.
Chacun
apprend
à
ses
dépens
que
la
liberté
est
soumise
à
la
susceptibilité
des
agents
qui
gravitent
autour
des
pouvoirs
de
tout
ordre.
La
technicité
véhiculée
par
ce
roman
est
incarnée
à
travers
une
fiction
qui
délaisse
les
émotions
des
personnages
pour
se
consacrer
uniquement
aux
prémisses
de
la
conduite
humaine.
Il
en
résulte
un
roman
froid,
hormis
le
passage
de
la
douanière
en
pantoufles
Snoopy
qu'elle
porte
à
cause
de
son
obésité
après
un
recours
judiciaire
qui
a
établi
la
primauté
des
besoins
individuels
au
détriment
des
normes
établies.
Ce
roman
est
certes
d'un
grand
intérêt,
mais
sa
facture
romanesque
souffre
de
son
didactisme
jusqu'à
son
dénouement
en
quatre
parties
pour
que
le
lecteur
apprécie
les
conséquences
des
choix
que
nous
faisons.
L'élégance
de
l'écriture
donne
heureusement
à
l'ensemble
une
viabilité
qui
milite
en
sa
faveur.
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