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Gobeil,
Pierre.
Le
Jardin
de
Peter
Pan.
Éd.
Triptyque,
2009,
99
p.
Les
mots
qui
disent
les
Madelinots
Le
pays
est
mal
foutu
depuis
le
moratoire
sur
la
pêche
à
la
morue.
Mais
quand
un
vol
de
sternes
valsent
sous
un
ciel
bleu
et
que
les
bateaux
brillent
au
soleil,
le
cur
se
remet
à
louvrage
avec
les
premiers
ramages
du
printemps.
Les
Micmacs
nont-ils
pas
vu
que
les
Îles-de-la-Maldeleine
ne
sont
pas
des
tremplins,
mais
des
socles
capables
denchâsser
la
vie
?
Quen
est-il
justement
de
cette
vie
secouée
par
un
temps
enfilé
à
la
mort
des
choses
et
des
gens
?
Adieu
Maurice
le
rêveur,
emporté
par
une
mer
endiablée
!
Adieu
Dédé
Fortin,
venu
danser
sur
les
dunes
de
cassonade
un
soir
de
la
Saint-Jean
!
Lauteur
traduit
bien
les
maux
des
Madelinots,
rivés
à
leurs
amours
dantan
tout
en
rêvant
dun
continent
que
leurs
îles
cachent
comme
un
rideau
de
scène.
Pars
ou
reste,
voilà
le
dilemme
dun
peuple
que
le
vent
pousse
vers
le
large
en
quête
de
crabes
et
de
homards.
Et
quand
vient
la
nuit
des
cages
pour
célébrer
la
fin
de
la
pêche,
qui
a
perdu
tout
de
même
de
son
lustre
miraculeux,
un
incendie
joue
le
trouble-fête
pour
brûler
le
rêve
dun
Montréalais
en
voie
de
devenir
Madelinot.
Au
volant
de
son
Dakota
Cabin
Cab
tout
en
écoutant
du
Johnny
Cash,
il
déroule
le
ruban
dasphalte
gris
de
la
199.
Cest
lheure
de
laisser
ceux
quil
a
aimés
et
les
chiens
toujours
prêts
à
bondir
dans
la
boite
du
pick-up
de
leur
maître.
Lauteur
a
tracé
le
portrait
géographique
et
psychologique
dhabitants
hésitant
entre
le
temps
qui
reste
ou
qui
passe.
Mais,
au
fait,
tout
trépasse
car
le
temps
ne
repasse
jamais.
Il
reste
les
quelques
mots
du
calepin
du
héros,
qui
décrivent
le
jardin
dun
royaume
que
Peter
Pan
aurait
peut-être
été
heureux
dhabiter
à
cause
du
temps,
qui
«
suspend
son
vol
»
sur
lÉtang-des-Caps.
Malgré
son
écriture
torturée,
Pierre
Gobeil
a
brillamment
imité
Joyce,
qui
a
su
réduire
lIrlande
à
quelques
mots
qui
la
grandissent.
Les
Îles-de-la-Madeleine,
en
attente
dêtre
racontées
depuis
belle
lurette,
ont
finalement
trouvé
un
poète,
qui
a
reconstitué
lâme
des
Madelinots
à
partir
de
leurs
fibres
les
plus
profondes.
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