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Agnant,
Marie-Célie
Le
Livre
d'Emma.
Éd.
du
Remue-ménage,
2001,
167
p.
La
Femme
antillaise

La
Dot
de
Sara
nous
a
révélé
cet
auteur.
Le
Livre
d'Emma
vient
confirmer
son
talent.
Avec
ce
roman,
elle
donne
une
version
féminine
du
film
Amistad
en
détroussant
la
filière
qui
a
façonné
la
femme
antillaise.
Le
propos
se
loge
à
l'enseigne
d'un
institut
psychiatrique,
où
un
médecin
requiert
les
services
de
Flore,
une
interprète
chargée
de
lui
traduire
les
révélations
d'Emma,
une
patiente
antillaise
accusée
du
meurtre
de
son
enfant.
Petit
à
petit,
l'interprète
porte
à
cette
patiente
de
sa
race
une
attention
qui
dépasse
le
cadre
de
ses
exigences
professionnelles.
Elle
tente
par
elle-même
de
découvrir
ce
qui
a
amené
Emma
à
commettre
un
infanticide.
Pour
y
parvenir,
elle
remonte
la
filière
de
sa
famille
jusqu'à
cette
grand-mère
bantoue
qui
fut
arrachée
à
sa
terre
guinéenne
pour
être
embarquée
sur
un
négrier
en
partance
pour
les
Antilles.
Arrivée
à
destination,
elle
devient
une
esclave
marquée
au
fer
rouge
par
son
propriétaire.
Comme
cette
condition
ne
se
limite
pas
aux
travaux
des
champs,
elle
doit
aussi
participer
à
l'assouvissement
des
désirs
des
hommes,
toutes
couleurs
confondues.
De
génération
en
génération,
les
ancêtres
d'Emma
ont
ingurgité
à
fortes
doses
la
haine
et
le
mépris.
Dans
un
tel
contexte,
elles
se
sont
forgé
une
âme
d'humiliées
qu'elles
ont
transmise
à
leurs
descendantes.
Il
ne
restait
plus
alors
à
l'héroïne
qu'à
se
débarrasser
de
la
fille
qu'elle
a
mise
au
monde
pour
mettre
fin
à
cette
"
malédiction
du
sang
".
En
fait,
ce
roman
trace
le
portrait
des
femmes
de
sa
famille,
dont
elle
a
voulu
être
la
dernière
à
subir
l'atavisme
qui
explique
sa
folie
meurtrière.
La
construction
mécanique
du
roman
est
parfois
agaçante
parce
que
chaque
chapitre
réfère
à
une
ancêtre
de
l'héroïne.
Dans
la
seconde
moitié
du
roman,
Agnant
poursuit
de
façon
beaucoup
plus
liante.
Au
niveau
de
l'écriture,
on
croirait
lire
la
copie
d'une
première
de
classe,
qui
fait
tendre
des
mains
moites
et
ployer
des
arbres
sous
le
vent.
Il
n'en
reste
pas
moins
que
c'est
une
réussite.
Il
se
dégage
une
poésie
qui
englobe
le
roman
dans
une
atmosphère
tendue
d'émotions.
Bref,
Marie-Célie
Agnant,
comme
Dominique
Bona
et
Maryse
Condé,
ajuste
le
regard
que
nous
portons
sur
la
femme
antillaise.
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