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Ohl,
Paul.
Les
Chaînes
de
Gorée:
Black.
Éd.
Libre
Expression,
2000,
527
p.
Au
temps
de
l'esclavage
Les
Occidentaux
ne
s'intéressent
à
l'Histoire
du
continent
africain
que
depuis
le
X1Xe
siècle.
Les
Musulmans
l'ont
découvert
bien
avant
eux.
Leurs
chroniques
révèlent
des
empires
aussi
florissants
que
celui
des
Incas
au
Soudan
et
au
Mali.
L'Afrique
n'est
pas
la
terre
de
Cham
maudite
par
Dieu
dans
la
bible.
Paul
Ohl
a
voulu
connaître
ce
qui
est
advenu
de
ces
peuples
que
l'on
a
malmenés
en
croyant,
comme
le
précisaient
les
premiers
Larousse,
qu'ils
nous
étaient
inférieurs.
Dans
son
roman,
l'auteur
s'attache
à
l'esclavage
dont
furent
victimes
les
Africains
au
cours
du
XV11e
siècle.
De
la
construction
des
bateaux
jusqu'aux
razzias
du
roi
africain
Noya
afin
de
procurer
le
"
butin
"
tant
convoité
par
les
négriers
européens,
il
trace
le
parcours
de
ces
commerçants
de
peaux
noires,
qui,
de
Nantes
au
Sénégal,
transitant
par
l'île
de
Gorée
avec
leur
précieuse
cargaison,
rejoignaient
la
Martinique
pour
livrer
leurs
"
pièces
d'Inde
"
expression
qui
désignait
le
contenu
de
la
marchandise.
Le
fil
conducteur
de
l'uvre
est
tenu
par
Souma,
un
Malinké
comme
Ahmadou
Kourouma.
Chef
de
tribu
à
l'instar
du
héros
de
l'auteur
de
Monnè,
outrages
et
défi,
il
dirige
son
peuple
en
toute
harmonie
avec
la
nature
jusqu'au
jour
où
les
Européens
en
décident
autrement.
À
la
faveur
de
la
nuit,
on
incendie
leur
village
et
on
capture
les
habitants
pour
les
entasser
dans
la
cale
de
navires
en
partance
pour
la
petite
île
martiniquaise,
où
ils
seront
vendus
à
ceux
qui
exploitent
des
plantations
de
canne
à
sucre.
L'association
du
sucrier
et
du
négrier
est
très
rentable.
Mais
ces
trafiquants
de
chair
ont
oublié
un
détail.
On
peut
avilir
des
hommes,
mais
on
ne
tue
pas
leur
âme.
Souma
est
de
la
race
de
ceux
qui
ne
se
soumettent
pas
comme
son
double
Soudjata.
Il
organise
l'insurrection
et
obtient
la
liberté
de
ses
pairs.
Paul
Ohl
s'est
appuyé
sur
une
documentation
monstre
pour
structurer
cette
uvre
colossale
afin
d'éviter
que
cette
partie
de
l'Histoire
ne
tombe
dans
l'oubli
au
profit
des
despotes
qui
ont
imposé
leur
vision
au
reste
du
monde.
On
est
loin
de
l'uvre
fantasque
d'Edgar
Rice
Burrougs
qui
n'a
jamais
mis
les
pieds
en
Afrique.
La
bonté
de
Tarzan
ne
pourra
jamais
racheter
l'ignominie
de
l'esclavage,
qui
se
perpétue
encore
sous
des
angles
plus
insidieux.
Même
s'il
s'agit
d'un
roman
exigeant
à
lire
à
cause
de
sa
longue
documentation,
Paul
Ohl
nous
conscientise
habilement
aux
monnès
(outrages)
subis
par
nos
frères
noirs.
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