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Dion,
Lise.
Le
Secret
du
coffre
bleu.
Éd.
Libre
Expression,
2011,
207
p.
Religieuse
dans
un
camp
nazi
Lise
Dion
réussit
à
merveille
à
nous
faire
croire
quelle
a
glissé
dans
son
uvre,
comme
un
intertexte,
le
journal
intime
dArmande
Martel,
sa
mère
adoptive.
La
narration
au
je
lui
confère
un
ton
qui
la
rend
des
plus
crédible.
On
y
croit
dautant
plus
que
lécriture,
quoiquelle
soit
conventionnelle,
est
très
alerte
et
dune
grande
pureté.
Même
si
léditeur
précise
quil
sagit
dun
récit,
cest
un
roman
autobiographique.
Il
charrie
le
vécu
dramatique
dArmande
Martel,
la
mère
de
lauteure.
Un
vécu
marqué
par
linjustice.
Injustice
dont
sa
mère
fut
victime
comme
orpheline
dès
lâge
de
six
ans
alors
que
son
père
consent,
sur
le
conseil
de
sur,
de
lenvoyer
à
lorphelinat
contrairement
à
ses
deux
frères.
Heureusement,
la
fillette
sy
plaît
au
point
de
devenir
membre
de
la
communauté
des
religieuses,
à
qui
est
confiée
linstitution.
Envoyée
à
Rennes,
elle
est
arrêtée
par
les
Allemands
en
vertu
de
son
statut,
qui
en
fait
un
sujet
britannique.
On
la
conduit,
dans
un
train
à
bestiaux,
au
camp
de
Buchenwald,
où,
pendant
quatre
ans,
elle
fixe
des
balles
à
des
bandoulières.
Avec
efficacité,
Lise
Dion
décrit
la
Seconde
Guerre
mondiale
de
lintérieur.
Elle
sattache
aux
sentiments
des
prisonnières
à
légard
de
linjustice,
qui
les
a
conduites
dans
lenfer
nazi,
où
elles
subissent
les
effets
dune
haine
sans
vergogne.
Toutes
celles
qui
ont
vécu
étroitement
avec
sa
mère
se
sont
illustrées
par
leur
grandeur
dâge.
Grâce
à
la
ruse,
la
force
de
caractère
et
la
solidarité,
elles
sen
sont
sorties
vivantes
même
si
les
gardiens
se
désennuyaient
en
jouant
à
la
«
loterie
de
la
mort
».
Ils
tiraient
au
sort
le
nom
dune
prisonnière
quils
exécutaient
sur-le-champ.
Lhéroïsme
de
ces
femmes
a
valu
à
sa
mère
dêtre
chassée
de
sa
communauté.
Linjustice
règne
en
maître
jusque
dans
les
officines
du
Vatican,
où
on
a
décrété
son
renvoi.
Derrière
cette
histoire
très
touchante
coule
un
courant
damour.
Lamour
des
siens
et
des
autres.
Et
aussi
lamour
avec
un
grand
A.
Et
la
majuscule
exclut
le
Dieu
damour
qui
a
renié
sa
servante.
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