Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Benoît, Mylène

Les Jours qui penchent.
Éd. Triptyque, 2011, 165 p.

Un sens à la vie

Je suis Il faut être attentif quand " la mer fait un de ces vacarmes " pour entendre les pas qui s'amènent, les mots qui s'échappent au hasard d'une rencontre fortuite, les bruits de la routine comme le couteau qui court sur la tartine du matin. Le bruit enterre la vie autant que " le soleil s'en retourne à vau-l'eau ". Il faudrait empêcher le sablier de compter " les jours qui penchent ". Ô temps, suspends ton vol ", disait Lamartine. Hélas, on ne peut être " porté par le char de l'Aurore ".

Je suis Le temps passe. Que reste-t-il de tout ce temps ? Quand le vent frappe à la porte de Ma, une vieille tisserande, elle le laisse entrer pour qu'il passe la nuit avant de reprendre son chemin. Mais le vieil homme prend racine. Il explore même l'espace perdu où Ma s'est enfuie. Il découvre l'univers maritime dans le village fictif de Cairn. Peu à peu, il devient le cairn de la vieille femme, c'est-à-dire une mont-joie, qui lui sert de balises pour retrouver son chemin, perdu depuis la mort de son frère. Un souvenir qui la poursuit sans cesse. Grâce à ce vieil homme, elle renoue avec la vie. Elle découvre le village à travers les pans de l'existence qu'il lui narre pour les avoir entendus au magasin de Palu. Ma se joint en esprit à ce concert de la vie qui bat, voire y participer grâce à ce qu'elle tisse.

Ce conte est une invitation à trouver le sens de l'existence. Mais pour en profiter, il faut aimer la poésie.