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Tapiero,
Olivia.
Les
Murs.
Éd.
VLB,
2009,
152
p.
Le
Blues
du
suicidaire
Avec
ses
12000
suicides
par
an,
«
la
France
est
une
secte
du
Temple
Solaire
géante
»,
telle
que
la
décrite
Frédéric
Beigbeder
dans
99
Francs.
Les
statistiques
expliquent
la
fréquence
du
thème
dans
la
littérature
québécoise,
surtout
depuis
quelque
temps.
On
a
publié
entre
autres
Le
Cocon
de
Janette
Bertrand,
Le
Cafard
de
Rawi
Hage,
Raphaëlle
en
miettes
de
Diane
Labrecque
et
Paradis,
clef
en
main
de
Nelly
Arcan.
Ce
dernier
titre
est
révélateur
du
blues
du
suicidaire.
La
mort
libératrice
des
maux
de
lâme.
Impossible
de
renverser
la
vapeur
quand
lobsession
maladive
vient
couper
tout
contact
avec
la
réalité.
Récipiendaire
du
prix
Robert-Cliche
2009
avec
ce
roman,
la
jeune
Montréalaise
Olivia
Tapiero,
âgée
seulement
de
19
ans,
présente
le
dilemme
de
façon
redondante
en
se
glissant
dans
la
peau
dune
adolescente
hospitalisée
après
un
suicide
raté.
Vivant
au
sein
dune
famille
fonctionnelle,
elle
porte
atteinte
à
ses
jours
sans
raison
apparente.
Rien
ne
justifie
son
acte
pas
plus
que
son
anorexie
et
les
mutilations
quelle
sinflige.
Comme
Émile
Nelligan,
le
cur
saignant,
elle
sapprête
à
connaître
labîme
de
la
folie
à
17
ans.
Avec
une
narration
au
JE
presque
intolérable,
lauteure
nous
fait
vivre
de
lintérieur
la
douleur
fuligineuse
dune
héroïne
qui
semmure
en
sinterdisant
toute
larme,
toute
affection
et
toute
communication
susceptible
de
la
détourner
de
son
projet.
Pourtant
les
occasions
de
rapprochement
ne
manquent
pas,
mais
elle
ignore
les
mains
tendues.
Lécriture
sans
fioriture,
semblable
à
La
Donation
de
Bernard
Émond,
accentue
le
drame
en
le
privant
dune
émotion
palpable
à
laquelle
se
refuse
lhéroïne
pour
parvenir
à
créer
un
non-lieu
qui
justifierait
son
suicide.
Un
non-lieu
en
réduisant
le
volume
de
son
corps
le
plus
possible
afin
de
rendre
lespace
inutile.
En
marge
de
la
rédemption,
le
dénouement
ne
présage
rien
de
bon
puisque
lauteure,
comme
lindique
le
titre,
sest
limitée
à
lesprit
dune
adolescente
qui
sisole
du
monde.
Le
roman
salourdit
forcément
avec
laccumulation
de
faits
négatifs,
qui
lui
font
dire
«
pourquoi
jexiste
»
comme
Luc
Plamondon
dans
Le
Blues
du
businessman.
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