 |
Bolduc,
Charles.
Les
Truites
à
mains
nues.
Éd.
Léméac,
2012,
137
p.
On
ne
voit
pas
le
temps
passer
"
On
ne
voit
pas
le
temps
passer.
Le
monde
peut
battre
de
l'aile,
on
n'a
pas
le
temps
d'y
penser.
Faut-il
pleurer,
faut-il
en
rire
quand
toute
une
vie
se
résume
en
millions
de
pas
dérisoires
?
Je
n'ai
pas
le
cur
à
le
dire.
"
En
inversant
les
vers
de
la
chanson
de
Jean
Ferrat,
nous
résumons
l'essence
du
recueil
de
nouvelles
de
Charles
Bolduc.
Nous
ne
pouvons
suspendre
le
temps
en
notre
faveur,
a
écrit
Lamartine.
"
Le
temps
n'a
point
de
rive
;
il
coule,
et
nous
passons
!
"
Il
reste
au
moins
le
souvenir
d'un
temps,
qui
aurait
pu
semer
le
bonheur
sur
son
passage.
Mais,
hélas,
la
grande
faucheuse
récolte
sans
tenir
compte
de
la
maturité
à
laquelle
la
moisson
est
parvenue.
|
|
En
trente
courts
textes,
le
narrateur
fait
le
bilan
de
son
existence
en
colligeant
les
aléas
de
la
vie,
voire
les
avatars,
qui
ont
alimenté
sa
réflexion.
Fin
observateur
de
la
scène
existentielle,
il
en
tire
des
leçons
amères.
À
ceux
qui
songent
au
suicide,
s'abstenir.
Comme
l'auteur
rédigeait
les
discours
de
Gilles
Duceppe,
il
a
développé
une
plume
semblable
à
une
tête
chercheuse
en
quête
de
l'objectif
nuisible
à
la
bonne
marche
des
choses.
Où
le
bât
blesse-t-il
?
En
fait,
l'auteur
répond
à
cette
question
en
examinant
un
quotidien
qui
tourne
en
rond
comme
un
chien
à
la
poursuite
de
sa
queue.
Le
recueil
de
nouvelles
se
penche
sur
des
banalités
riches
d'enseignement
pour
une
conscience
perspicace.
Charles
Bolduc
les
présente
comme
des
instantanés
de
nos
vies
apparemment
insignifiantes.
Mais
derrière
les
apparences
se
dissimule
une
course
au
bonheur.
Une
quête
du
passage
vers
notre
Inde
personnel.
À
l'instar
de
Kafka,
l'auteur
en
arrive
au
même
constat
:
il
est
impossible
de
dompter
l'existence,
car
elle
échappe
au
harnachement
comme
une
truite
que
nous
voudrions
saisir
à
mains
nues.
uvre
pessimiste
s'il
en
est,
mais
la
sollicitude
de
l'auteur
transparaît
à
travers
une
humanité
qu'il
enrobe
dans
une
écriture
délicate.
Ça
nous
repose
de
la
plume
de
ceux
qui,
pour
créer
un
effet
d'authenticité,
se
colle
à
une
oralité
parfois
difficile
à
décrypter
quand
elle
réfère
à
une
réalité
dont
le
langage
échappe
à
notre
compréhension
de
par
sa
nouveauté.
Bref,
ce
recueil
vient
de
faire
la
preuve
que
rien
n'est
étranger
à
la
poésie.
|