Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Malka, Francis.

Le Testament du professeur Zukerman. Éd. Hurtubise, 2012, 206 p.

Le Génome ARN

L'ancien président Bush avait mandaté Leon Kass pour mener une enquête sur les cellules souches. Appuyé par les féministes américaines, il s'est finalement opposé au clonage devant le congrès parce que l'expérience menaçait la valeur sacrée de la famille. Le dernier roman de Francis Malka participe à cette polémique à travers un scientifique, qui veut reproduire l'ARN, cousin de l'ADN, tous les deux responsables de la vie sur terre.

Une firme pharmaceutique met un laboratoire à la disposition du professeur Zukerman pour qu'il recrée l'apparition de la vie. Les créationnistes ne manquent pas de désapprouver le projet en manifestant devant l'entreprise, voire même de vandaliser le local le plus étroitement surveillé du monde. Qu'à cela ne tienne, le professeur parfait sa recherche avec sa fille et son acolyte Jeff, lequel connaîtra même la mort dans une tentative d'adversaires qui s'appliquent à saboter leur travail.

L'auteur a tramé un thriller scientifique intéressant pour les adolescents. Il s'est bien gardé de ne pas étaler un savoir trop pointu qui les perdrait en cours de lecture. Le roman se présente sous forme de lettres expédiées au fils du professeur par l'entremise d'un notaire. Il lui raconte les travaux qu'il exécute au jour le jour jusqu'à ce qu'il découvre qui voulait l'assassiner, avant même l'inspecteur chargé de l'enquête. Contrairement à ce qu'affirme la quatrième de couverture, le professeur parvient non seulement à triompher de ses dénigreurs, mais à percer le mystère des génomes.

L'œuvre n'a rien d'une réflexion métaphysique. Écrit avec simplicité, ce polar épistolaire consacré à la science des prémices de l'existence, cherche simplement à divertir intelligemment un jeune lectorat. Et l'objectif sera sûrement atteint, d'autant plus que l'auteur a créé un suspens bien ficelé tournant autour du fameux personnage qui essaie de détruire le laboratoire du professeur Zukerman. Une chute inattendue révèle son identité. Mais il aurait fallu la provoquer avec moins de précipitation.