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Barbe,
Jean
Le
Travail
de
lhuître.
Éd.
Leméac,
2008,
150
p.
La
Fin
du
tsarisme

Nicolas
11
fut
le
tsar
de
la
Russie
de
1894
à
1917.
Le
roman
se
déroule
sous
son
règne
contesté
alors
que
sourdit
un
complot
visant
à
le
trucider.
Le
héros,
Andreï
Léonovitch,
participe
à
la
mise
au
point
de
lassassinat,
mais
ce
sera
pendant
un
court
laps
de
temps
puisquen
heurtant
une
table
de
la
tête,
il
devient
invisible,
sans
compter
quil
provoque
des
saignements,
parfois
mortels,
chez
ceux
quil
touche
par
inadvertance.
Désespéré
par
ce
qui
lui
arrive,
il
entreprend
un
long
périple,
qui
le
mène
aux
États-Unis.
Comme
cest
le
début
des
applications
scientifiques,
il
espère
y
rencontrer
le
savant
apte
à
lui
restituer
son
apparence
physique.
Peine
perdue.
Il
regagne
Saint-Pétersbourg,
où
gronde
la
guerre
civile.
Cest
la
toile
historique
sur
laquelle
repose
la
genèse
de
ce
roman
dédié
au
peuple.
Peuple
invisible
aux
yeux
des
gouvernants,
impliqués
davantage
à
protéger
leur
pouvoir
quà
épouser
la
cause
de
leurs
commettants.
Raspoutine,
le
conseiller
de
la
tsarine,
lui
en
fait
même
la
remarque,
ce
à
quoi
elle
répond
quelle
a
«
dautres
préoccupations
».
On
saffronte
plutôt
entre
blancs
(tsaristes)
et
rouges
(révolutionnaires)
en
tuant
sans
discernement,
en
pillant
les
villages
avant
de
les
incendier
et
en
abusant
des
femmes.
En
fait,
Jean
Barbe
décrit
le
climat
social
de
la
Russie
du
tournant
du
20e
siècle.
La
population
miséreuse
est
laissée
à
son
sort,
auquel
Andreï
nest
pas
insensible.
Son
invisibilité
la
rendu
plus
humain.
Touché
par
une
femme
violée,
il
lemmène
à
son
insu
dans
son
antre
construit
sous
une
butte
afin
de
lui
offrir
les
soins
dont
elle
a
besoin
ainsi
quà
lenfant
né
de
son
agression
sauvage.
Il
parvient
à
alléger
leur
fardeau,
mais
la
situation
explosive
du
pays
ne
peut
quenfreindre
sa
générosité,
voire
même
lannihiler.
Seule
lexpatriation
se
présente
comme
la
perle
produite
par
lhuître
pour
se
débarrasser
de
ce
qui
la
menace.
Rawdon
témoigne
en
particulier
de
limmigration
des
réfugiés
russes
de
lépoque,
sans
compter
celle
de
la
famille
renommée
des
Ignatieff
venue
sétablir
à
Richmond.
Cest
à
travers
lallégorie
de
linvisibilité
que
lauteur
fait
ressortir
les
carences
des
régimes
politiques.
Quen
est-il
du
peuple,
dont
les
boyards
ou
les
apparatchiks
se
vantent
de
vouloir
améliorer
le
sort
?
En
filigrane
se
dessine
une
ligne
de
conduite,
qui
fuit
la
verticalité
du
gouvernant
vers
le
gouverné.
Lauteur
ouvre
le
chemin
vers
autrui
en
dépit
du
fait
que
le
dénouement
soit
dune
grande
désespérance.
Une
horizontalité
assumée
par
une
narration
aux
temps
de
lantériorité
(imparfait,
passé
simple)
pour
souligner
quun
aval
harmonieux
découle
dun
amont
vivace.
Ce
très
beau
roman,
écrit
de
main
de
maître,
se
précipite
vers
sa
fin,
en
insistant
trop
cependant
sur
linvisibilité
de
son
héros
et
sur
les
abjections
insupportables
vécues
par
les
protagonistes.
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