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Le
Beau,
Hélène.
Lettres
gelées.
Éd.
Plon,
2002,
186
p.
L'Hiver
des
immigrants
L'histoire
du
roman
se
déroule
en
plein
hiver
à
Montréal.
En
promenant
son
chien,
Anna,
une
immigrante
russe,
aperçoit
au
pied
d'une
poubelle
les
lettres
enneigées
d'un
Kurde,
qui
a
disparu
sans
laisser
de
traces.
De
retour
à
la
maison,
elle
demande
à
son
amant,
un
arabe,
de
les
décrypter.
C'est
ainsi
qu'elle
apprend
que
les
lettres
sont
adressées
aux
membres
de
sa
famille.
Petit
à
petit,
Anna
devient
obsédée
par
cette
correspondance.
Elle
entreprend
même
des
démarches
pour
retrouver
Nabil,
ce
Kurde
qu'elle
n'avait
pourtant
pas
remarqué
alors
qu'il
habitait
son
immeuble.
Comme
ces
recherches
restent
vaines,
elle
le
fait
revivre
en
lui
imaginant
une
vie.
Elle
s'exerce
même
à
écrire
des
lettres
à
sa
parenté.
Lentement,
Anna
devient
totalement
dépendante
de
Nabil.
Elle
néglige
même
ses
contrats
avec
les
éditeurs
pour
lesquels
elle
illustre
la
page
couverture
des
oeuvres
qu'ils
publient.
Elle
prépare
plutôt
son
cur
pour
être
l'amante
parfaite
le
jour
de
son
retour.
Cette
recherche
d'autrui
caractérise
bien
les
exilés
qui
ont
été
dépossédés
d'un
pays,
de
leur
culture
et
de
ceux
qu'ils
aiment,
souvent
morts
à
cause
des
guerres.
Bref,
en
perdant
leur
identité,
ils
s'accrochent
à
une
quelconque
bouée
au
risque
de
se
perdre.
L'auteure
a
bien
choisi
sa
saison
pour
illustrer
son
propos.
L'hiver
porte
au
repli
sur
soi.
Si
en
plus,
on
s'aide
à
se
couper
d'autrui,
que
restera-t-il?
La
symbolique
des
lettres
souligne
bien
la
fraternité
qui
doit
nous
animer.
Maître
de
l'art
d'écrire,
Hélène
Le
Beau
indique
avec
justesse
les
incidences
psychologiques
sur
ceux
qui
ont
fui
un
ciel
orageux
pour
un
ciel
qu'ils
espéraient
plus
clément.
Comme
Wajdi
Mouawad
dans
Visage
retrouvé,
elle
donne
un
son
de
cloches
de
ces
immigrants
que
l'on
côtoie
sans
se
douter
de
leur
problème
identitaire.
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