|
Massie,
Jean-Marc.
Montréal
démasquée.
Éd.
Planète
rebelle
2007,
74
p.
Du
folklore
à
lurbanité
Avec
Jean-Marc
Massie,
le
Québec
bat
aux
sons
des
tam-tams
du
Mont-Royal,
tandis
quavec
Fred
Pellerin,
le
Québec
bat
au
rythme
du
tissage
de
la
ceinturé
fléchée.
Les
deux
conteurs
se
complètent.
Si
le
premier
jette
un
coup
dil
vers
laval,
cest
pour
mieux
décrire
lamont.
Quand
il
raconte
la
révolte
des
marins
du
São
Bento,
des
noirs
qui
se
sont
blanchis
en
mariant
des
Peaux-Rouges,
cest
pour
expliquer
comment
nous
sommes
devenus
«
les
Nègres
blancs
dAmérique
»,
selon
le
regretté
Pierre
Vallières.
Jean-Marc
Massie
a
hérité
de
lesprit
de
cet
ancien
moine,
qui
a
troqué
le
bréviaire
pour
le
pamphlet.
On
est
loin
du
folklore
avec
lequel
Fred
Pellerin
tente
de
renouer
pour
que
«
lantan
»
maintienne
ses
assises.
À
Montréal,
cest
un
défi
impossible
à
relever
quand
plus
de
la
moitié
des
élèves
des
commissions
scolaires
de
lîle
sont
issus
des
victimes
venues
encercler
le
Mont-Royal
pour
fuir
les
dommages
collatéraux
des
pays
en
guerre.
Les
tam-tams
entendus
du
Lac-des-Castors
battraient-ils
le
grand
ralliement
afin
de
signer
une
nouvelle
entente,
à
linstar
de
Frontenac,
sur
lart
de
vivre
ensemble
?
Massie
urbanise
le
conte
pour
lancrer
dans
la
modernité
des
accommodements
raisonnables.
Il
parcourt
rues
et
ruelles
en
quête
dâmes
dérivantes
pour
quelles
puissent
«
continuer
à
vivre
[même]
après
le
déluge
du
Saguenay
».
«
Nous
portons
tous
le
même
masque
».
Il
faut
le
laisser
tomber
pour
faire
la
paix
avec
le
passé
de
crainte
dêtre
incapable
de
devenir
adulte
comme
Plastique
cow-bow,
attaché
à
son
cheval
jouet
électrique
ou
de
se
tenir
debout
devant
le
charismatique
Raoul.
Les
histoires
de
loups-garous
empêchent
de
grandir
comme
le
chapelet
entourant
le
cou
de
la
mère.
«
Ive
got
the
blues
»,
chantait
Elvis
Presley.
La
délivrance
nest
pas
dépendante
de
la
ferveur
religieuse
telle
quelle
sexprime
à
loratoire
Saint-Joseph.
Si
le
langage
de
Fred
Pellerin
colle
aux
paroissiens
de
Saint-Élie-de-Caxton,
il
en
est
tout
autrement
de
celui
de
Jean-Marc
Massie,
qui
fuit
les
carcans
linguistiques
locaux
malgré
la
toile
montréalaise
sur
laquelle
il
a
peint
ses
héros.
Dans
un
univers
élargi,
la
compréhension
réciproque
impose
le
respect
des
normes
grammaticales
afin
de
stigmatiser
luniversalité
de
la
déprime
délinquante
des
identités
refoulées.
|