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Nicol,
Patrick.
Nous
ne
vieillirons
pas.
Éd.
Leméac,
2009,
134
p.
Le
Vieillissement
Ce
roman
est
la
version
réaliste
du
Temps
quil
nous
reste
de
Frank
Michael.
«
Quelle
importance
le
temps
qu'il
nous
reste,
nous
aurons
la
chance
de
vieillir
ensemble.»
Lauteur
scrute
les
pensées
dun
enseignant
quadragénaire
désabusé,
qui
analyse
comment
il
pourrait
faire
sienne
cette
chanson
sirupeuse.
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La
sérénité
est
un
commensal,
qui
tarde
parfois
avant
de
se
pointer
au
banquet
de
la
vie.
Il
faut
consacrer
de
lénergie
pour
renouer
avec
la
flamme
de
ses
vingt
ans.
Cest
dautant
plus
important
pour
un
héros
dont
la
femme
est
restée
une
alliée
qui
lincite
à
mordre
dans
la
vie,
surtout
quand
il
commet,
à
loccasion,
un
roman
ignoré
du
grand
public:
«
On
est
un
peu
tanné
des
pères
morts
que
tu
mets
toujours
dans
tes
livres...»
En
fait,
cet
enseignant
a
oublié
quil
est
heureux,
particulièrement
quand
sa
petite
famille
apprécie
le
repas
quil
a
préparé.
Le
seul
ennui
de
vieillir,
lui
dit
sa
femme,
«
cest
le
manque
despace
sur
le
comptoir
de
la
cuisine
»,
qui,
avec
le
temps,
sest
encombré
de
gadgets
tels
que
lextracteur
à
jus.
En
vieillissant,
il
sattarde
aux
objets
et
aux
lieux
réconfortants,
comme
le
hangar
dans
Montréal
de
Beau
Dommage,
son
groupe
fétiche,
ou
la
maison
de
lenfance
que
lon
veut
acheter
dans
La
Notaire,
roman
précédent
de
lauteur.
En
sinstallant
dans
le
créneau
de
Maxime-Olivier
Moutier
avec
Les
trois
modes
de
la
conservation
des
viandes
et
de
François
Gravel
avec
Adieu
Betty
Crocker,
il
médite
sur
les
plaisirs
du
cocooning
et
des
habitudes
rassurantes
quil
a
prises
en
se
rendant,
par
exemple,
au
dépanneur,
où
la
caissière,
lune
de
ses
élèves,
lui
vend
ses
cigarettes
selon
un
rituel
convenu.
Le
héros
est
hanté
par
un
passé,
qui
na
pas
respecté
ses
promesses
parce
quen
«
vieillissant
les
hommes
deviennent
insignifiants
».
Tel
le
Fanfan
dAlexandre
Jardin,
il
aurait
voulu
être
lhomme
qui
surprend
son
entourage.
Il
réalise
maintenant
quil
répond
aux
prémisses
dun
syllogisme
:
lhomme
est
ennuyeux;
or,
je
suis
un
homme;
donc
je
suis
ennuyeux,
comme
son
professeur
de
jadis
avec
qui
il
a
gardé
des
liens.
Le
narrateur
jette
aussi
le
même
regard
ironique
sur
la
société
:
«
Les
Québécois
sont
des
impuissants,
des
impotents,
des
flancs
mous...
il
s'en
convainc,
se
croit.
»
En
littérature,
même
veulerie
:
«
Il
y
a
le
fou
(Nelligan),
les
suicidés
(Aquin),
l'homme
invisible
(Ducharme)
et
le
fils
à
sa
maman
(Tremblay).
»
Les
parenthèses
sont
de
mon
cru.
Cest
tout
le
contraire
des
filles
«
dix
fois
plus
intelligentes,
plus
belles,
plus
à
l'aise
dans
leur
corps
et
dans
le
monde
des
matières
».
Ce
roman
magnifique
saisit
ce
que
cest
de
vieillir
en
beauté
quand
les
années
assassines
phagocytent
les
rêves
quon
a
échafaudés.
Bref,
ce
roman
est
«
une
petite
musique
»
comme
disait
François
Mauriac,
autant
à
cause
de
lécriture
sans
envolées
lyriques
que
de
la
facture,
qui
réunit
lentourage
du
héros
dans
un
quotidien
à
partager,
qui,
parfois,
peut
être
perturbant
daprès
le
dénouement.
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