Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

L'Italien, Annie

Petit Guide de l'orgueilleuse (légèrement) repentante
. Éd. Québec Amérique, 2008, 182 p.

Le Chick lit


Avant que la mode du chick lit ne s'estompe, d'aucunes se pressent au clavier de leur ordinateur pour proposer leur vision de la gent féminine. Même au cinéma, on y succombe, tel le film Caramel. Pourtant, depuis Les Précieuses ridicules et Les Femmes savantes de Molière, la thématique a moult fois été traitée, voire mieux qu'on le fait actuellement. On profite du succès du genre pour inonder les rayons d'œuvres sommaires et écrites sans art.

Petit guide de l'orgueilleuse d'Annie L'Italien en est un exemple parfait avec sa couverture aguicheuse. C'est un repas entre amies qui amène le lecteur à suivre les péripéties que l'héroïne Anne s'apprête à vivre. Pour ses 35 ans, on offre à cette célibataire indépendante, des vacances dans un Club Med situé dans une île paradisiaque. Le voyage est organisé sous forme de chasse au trésor pour qu'elle se guérisse de son orgueil, un péché capital qui éloigne les prétendants aussi efficacement que certains produits répulsifs pour les insectes. Le forfait ne précise pas qu'il inclut les services d'un séduisant accompagnateur, dont il faut se méfier. Va-t-il conquérir la grassouillette à gougounes du Plateau Mont-Royal ? C'est la question sur laquelle repose l'intrigue.

Répondant aux capacités intellectuelles des élèves du troisième secondaire, le roman insiste pour que l'on corrige les défauts qui rendent les relations avec autrui difficiles, voire impossibles. Pour attirer le beau Brummell, il faut s'impliquer avec humilité et confiance. Le message est louable, mais l'œuvre est d'une grande pauvreté. La plume paresseuse de l'auteure ne peut servir d'écran pour dissimuler les faiblesses du roman. Et l'humour peu relevé condamne définitivement l'ouvrage aux oubliettes. Bref, ça manque de classe. Dans la même veine, il faut plutôt lire Bonne nuit, bons rêves, pas de puces, pas de punaises de Sylvie Desrosiers.