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Vincelette,
Mélanie.
Polynie.
Éd.
Robert
Laffont,
2011,
210
p.
Le
Nunavut

Jean
Nicolet
est
venu
en
Nouvelle-France,
croyant
à
son
tour
quil
découvrirait
un
passage
vers
la
Chine.
Grâce
à
son
frère
prêtre,
il
réussit
à
mettre
la
main
sur
la
cartographie
du
Grand
Nord
canadien
que
Zheng
He,
un
amiral
chinois,
aurait
tracée
en
1418.
La
Chine
aurait
donc
découvert
lAmérique
comme
le
signale
lincipit
du
roman.
Stephen
Harper
revendique
ce
riche
territoire.
Il
sent
la
soupe
chaude
depuis
que
les
Russes
y
ont
laissé
leur
drapeau
et
que
le
Danemark
le
convoite
aussi,
prétextant
que
les
glaciers
ne
sont
que
des
eaux
gelées.
Pour
leur
couper
la
glace
sous
le
pied,
il
a
envoyé
des
Inuit
de
même
que
des
scientifiques
pour
assurer
lautorité
du
Canada
sur
lArctique
à
cause
de
la
dorsale
de
Lomonosov,
une
chaîne
de
montagnes
sous-marines
rattachées,
semble-t-il,
à
notre
pays.
Rosaire
Nicolet,
descendant
du
célèbre
explorateur,
est
justement
un
avocat,
qui
a
la
mission
de
se
pencher
sur
ce
dossier
épineux.
Installé
à
Iqaluit,
la
capitale
du
Nunavut,
il
semble
hésitant
à
reconnaître
la
thèse
canadienne.
La
dite
dorsale
ne
serait-elle
pas
plutôt
eurasienne
?
Il
naura
pas
loccasion
de
se
prononcer.
Une
prostituée
le
retrouve
mort
dans
sa
chambre
de
motel.
Ambroise,
son
frère
cadet,
est
cuisinier
dans
un
village
voisin
pour
les
mineurs
de
Kimmirut.
Les
deux
frères
ne
se
connaissaient
pas
vraiment,
mais
la
mort
éclaire
leur
destinée
et
surtout
leur
personnalité.
Rosaire
était
autant
extraverti
quAmbroise
est
introverti.
Cette
différence
attire
le
respect
du
cadet
pour
son
aîné,
qui
nétait
pourtant
pas
sans
défauts.
Ses
faiblesses
ressortent
lorsquAmbroise
liquide
ses
affaires.
Cest
suffisant
pour
quun
lien
identitaire
soit
créé
à
travers
un
ancêtre,
qui
a
exploré
un
chemin
vers
la
Chine
et
des
descendants
qui
reprennent
son
exploration
pour
faire
émerger
le
Nunavut
sans
spolier
les
Inuit.
Avant
tout,
ce
canevas
englobe
des
êtres
aux
prises
avec
la
maladie
damour.
Certains
sont
immunisés,
dautres
voudraient
en
être
atteints,
mais
la
gêne
les
retient
de
le
laisser
savoir.
Au
fond,
cest
lhistoire
damour
dAmbroise,
qui
nest
pas
assez
entreprenant
pour
déclarer
à
la
glaciologue
quil
est
follement
amoureux
delle.
Cet
immense
territoire
boréal
est
viscéralement
fixé
au
cur
des
personnages.
Ambroise
introduit
la
rare
flore
de
la
région
dans
lassiette
des
habitants
ainsi
que
la
faune,
dont
il
évite
la
chair
toxique
de
lours,
un
animal
convoité
par
les
riches
Asiatiques.
Et
les
animaux
ne
sont
pas
que
des
attraits
touristiques.
Sans
eux,
la
vie
est
impossible,
autant
pour
se
vêtir
que
pour
se
nourrir.
À
quinze
dollars
le
kiwi,
il
faut
singénier
pour
pêcher
autour
des
polynies
(trous
dans
la
glace),
où
les
narvals
viennent
respirer.
Et
dans
une
région
aussi
dépourvue
de
végétation,
les
végétariens
et
les
végétaliens
sont
confrontés
à
leurs
options
alimentaires.
Ce
roman
est
un
Agaguk
dépoussiéré,
qui
relègue
lenquête
policière
au
second
plan
pour
faire
ressortir
toutes
les
facettes
de
lactivité
humaine
dans
un
cadre
marqué
par
le
perlerorneq,
la
dépression
redevable
à
un
soleil
plutôt
parcimonieux
en
hiver.
En
miniaturiste,
Mélanie
Vincelette
parvient
brillamment
à
illustrer
toute
la
dynamique
du
«
coureur
de
froid
»
de
Jean
Désy
dans
un
Nunavut,
dont
on
sarroge
les
droits
de
fouler
sa
glace.
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