Paul-André Proulx

Littérature Québecoises

Bond. Édouard H.

Prison de poupées. Éd. Coup de tête, 2008, 128 p.

Prison de femmes

Par les temps qui courent, les romans trash remuent de plus en plus les fonds de poubelles. Les éditions Coups de tête font rayonner ce genre qui range le meurtre et l’abus sexuel au rang des banalités même si c’est répugnant. Frédérik Durand en offre un bon exemple avec Je hurle à la lune comme un chien sauvage. Mais Édouard H. Bond lui vole la vedette avec Maison de poupées. Ce dernier devrait payer des redevances à Carla Homalka, qui semble avoir aussi inspiré de nombreux auteurs de polars.

Dans le roman de Bond, « la maison de poupées » de Saint-Jean-de-Matha ferait passer Guantanamo pour un Clud Med. On y accueille des femmes trop dangereuses pour être détenues à la prison Tanguay de Montréal. L’horreur les attend sous la férule d’une directrice dévoyée et de son personnel dévoué de brebis galeuses. L’auteur a écrit « de chiennes sales », ça punch plus. Quand les victimes en auront assez de ce régime de violence et d’abus sexuels, la révolte grondera d’autant plus forte qu’une cannibale fait partie de ces belles « poupées ».

Le sujet est cautionnable, mais non le traitement adapté uniquement aux plaisirs déviants.