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Marcotte,
Véronique
.
Tout
m'accuse.
Éd.
Québec
Amérique,
2008,
232
p.
Un
voyeur
impénitent
Dans
notre
littérature,
la
maladie
mentale
occupe
une
place
prépondérante
tout
comme
la
détresse
des
trentenaires
du
Plateau
Mont-Royal.
Marie
Gagnier
avec
La
Quête
de
Melville
et
Lynn
Diamond
avec
Le
Corps
de
mon
frère,
deux
Trifluviennes
comme
Véronique
Marcotte,
ont
inscrit
dans
ce
premier
créneau
des
uvres
remarquables.
Les
carences
familiales
entraînent
souvent
les
enfants
dans
des
dédales
sans
issues.
Dans
Tout
m'accuse,
le
nud
gordien
qui
étouffe
Auguste
a
été
lacé
par
sa
mère.
Elle
l'a
surprotégé
au
point
de
lui
interdire
tout
contact
avec
l'extérieur.
Sa
domination
était
si
totale
qu'il
a
dû
quitter
son
pays
natal,
la
Belgique,
pour
mener
sa
vie
d'adulte
en
s'exilant
à
Montréal.
Mais
le
mal
était
fait.
Soustrait
à
tout
rapport
humain,
il
a
compensé
son
inexpérience
de
la
vie
en
développant
un
penchant
pour
le
voyeurisme.
C'est
donc
dans
un
contexte
maladif
qu'il
s'intéresse
aux
autres.
Son
métier
d'archiviste
dans
un
grand
hôpital
l'aide
à
trouver
des
adresses
qui
lui
facilitent
la
tâche
pour
se
livrer
à
sa
compulsion.
Il
a
à
la
portée
de
la
main
le
nom
des
patients
qui
y
ont
été
traités
et
qu'il
va
observer
s'ils
habitent
dans
son
entourage,
voire
même
pénétrer
dans
leur
appartement
s'ils
sont
absents.
L'auteure
tente
de
cerner
cette
âme
aliénée.
Pour
y
arriver,
les
parents
tiennent,
chacun
leur
tour,
le
rôle
de
narrateur
pour
se
disculper
de
la
conduite
qui
a
fragilisé
leur
fils,
un
angoissé
qui
se
culpabilise
à
outrance
pour
ses
indiscrétions
malsaines.
Une
âme
sur
tente
de
le
sauver
malgré
lui,
mais
l'espoir
de
guérison
est
nul
quand
la
maladie
a
atteint
un
sommet,
dont
les
versants
conduisent
à
"
l'abîme
du
rêve
",
tel
que
l'a
vécu
Émile
Nelligan.
En
quelque
sorte,
l'auteure
dénonce
l'absence
d'institution
qui
pourrait
venir
en
aide
aux
âmes
qui
ont
emprunté
un
sentier
de
sable
mouvant
pour
suppléer
aux
contrariétés
qu'on
leur
a
imposées.
Véronique
Marcotte
ne
se
substitue
pas
aux
psychologues.
Elle
a
écrit
un
excellent
thriller
psychologique
qui
laisse
aux
lecteurs
le
soin
de
juger
les
réactions
d'un
immigrant
éclopé
à
cause
de
carences
familiales.
La
problématique
qu'elle
aborde
débouche
sur
une
réalité
difficile
à
accepter.
Les
solutions
aux
maux
de
l'âme
restent
à
inventer.
Bref,
c'est
un
roman
sombre,
qui
rend
suspectes
les
relations
maternelles,
comme
le
montrait
aussi
Les
Oiseaux
de
verre
d'Andrée
Laberge.
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