|
Lalancette,
Guy.
Un
amour
empoulaillé.
Éd.
VLB,
2004,
248
p.
Amour
de
jouvenceaux
Saint-Blaise
est
un
village
situé
près
de
Saint-Jean-sur-Richelieu.
La
promiscuité
regroupe
en
1960
ses
2000
habitants
autour
de
la
vieille
église
construite
en
1893.
Un
vase
clos
qui
transforme
toute
vie
privée
en
secret
de
Polichinelle.
Lemmurement
sexprime
à
travers
des
lieux
fermés
propices
aux
drames
villageois,
tels
que
lasile,
le
juvénat
des
frères,
la
cabane
de
Saint-Gelais
construite
en
pleine
forêt
et
le
poulailler
évoqué
par
le
titre.
Cest
un
exploit
que
daffronter
ceux
qui
sont
embusqués
derrière
des
murs,
qui
ont
des
oreilles
et
des
langues
de
vipère.
Et
si
le
cur
du
damoiseau
bat
la
chamade
pour
la
demoiselle,
il
court
à
sa
perte.
Quand
Éros
samène
avec
son
air
enfantin,
Élisabeth
devra
se
tenir
sur
ses
gardes
pour
recevoir
lhommage
de
Simon,
un
éphèbe,
qui
senfarge
devant
ses
appas
en
dansant
le
cha-cha-cha.
Amour
surgi
de
la
guitare
des
musiciens,
qui
troqueront
tôt
ou
tard
leurs
accords
frétillants
pour
des
airs
funèbres.
On
survit
difficilement
aux
amours
frappées
par
lindex
du
pouvoir
ecclésiastique,
conféré
à
lauguste
curé
Pisson
à
Saint-Blaise.
Si
la
population
se
tient
les
fesses
serrées,
il
ne
faut
pas
croire
quelle
vit
à
labri
du
pire.
Les
impies
ont
toujours
généré
des
actes
impitoyables
pour
précipiter
les
âmes
pures
dans
labîme.
Le
plaisir
de
salir
ne
sait
défaillir.
Peu
importe
lexil
dinfortune
choisi
par
les
tourtereaux
pour
répondre
en
toute
liberté
aux
appels
du
cur,
viols
ou
bourrades
les
attendront
pour
sêtre
soustraits
aux
normes
sociales,
à
moins
de
privilégier
le
suicide,
comme
les
héros
de
Roméo
et
Juliette
dYves
Desgagnés.
La
cruauté,
voire
le
sadisme,
sont
associés
à
la
famille
dysfonctionnelle,
dont
est
issue
lhéroïne.
Pour
éviter
de
se
montrer
complaisant
à
légard
de
comportements
triviaux,
lauteur
établit
une
opposition
manichéenne
à
travers
la
sagesse
de
la
mère
de
Simon,
une
veuve
qui
compte
sa
douzaine
denfants.
En
somme,
Guy
Lalancette
sindigne
de
labjection
qualimente
souvent
une
géographie
réduite
à
lombre
dun
clocher.
Lécriture,
peaufinée,
recourt
avec
bonheur
aux
parenthèses
et
aux
tirets
enserrant
un
certain
humour,
afin
doffrir
une
soupape
à
la
douleur
du
narrateur,
le
frère
et
complice
du
héros.
Ce
roman,
trop
bavard
cependant,
approfondit,
avec
empathie,
une
adolescence
à
leau
sale,
faute
dêtre
bénite.
|