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Ledoux,
Lucie.
Un
roman
grec.
Éd.
Triptyque,
2010,
106
p.
Fillette
élevée
dans
un
quartier
cosmopolite

La
famille
Labonté
habite
dans
la
rue
Bloomfield
du
quartier
cosmopolite
de
Parc-Extension.
Née
en
1966,
la
petite
héroïne,
alter
ego
de
lauteure,
se
sent
à
laise
parmi
les
Grecs,
peuplant,
à
lépoque,
presque
majoritairement
la
paroisse
Saint-Roch.
Elle
aime
en
particulier
les
mamans,
tout
de
noir
vêtues,
qui
roulent
la
pâte
«
des
baklavas
carrés,
ronds,
triangulaires
ou
en
forme
de
cigare,
des
torsades
au
miel
et
de
gigantesques
ufs
enveloppés
dans
un
papier
coloré
».
Petite,
Lucie
partage
la
vie
des
enfants
grecs
au
point
de
se
considérer
comme
lune
des
leurs
en
répondant
«
Kala,
efkharîsto
»
(Très
bien,
merci.)
aux
«
Ti
kanètè
»
(Comment
vas-tu
?).
Son
cocon
hellénique
est
malmené
quand
sa
parenté
désavoue
la
mentalité
de
ce
peuple,
toujours
prêt
à
organiser
des
fêtes
homériques
pour
célébrer
tout
événement
quil
juge
important.
Cest
au
cur
des
familles
que
naissent
les
suspicions
responsables
du
racisme.
Quoi
quil
en
soit,
ça
ne
suffit
pas
pour
altérer
les
bons
sentiments
de
Lucie
à
légard
de
ces
immigrants
bien
adaptées
au
Québec.
Son
bonheur
est
plutôt
court-circuité
par
la
maladie
mystérieuse
de
sa
mère.
Maladie
tenue
secrète
pour
ne
pas
leffrayer.
Décision
malencontreuse,
qui
décuple
son
angoisse,
déjà
entamée
par
lalcoolisme
de
son
père,
un
client
assidu
de
la
taverne
Pam
Pam.
La
situation
sannonce
catastrophique
pour
lapprentissage
de
cette
fillette
à
la
sensibilité
à
fleur
de
peau.
Cest
à
lâge
adulte
seulement
que
la
rédemption
se
pointe
avec
lamour
des
mots,
instigateur
de
ce
roman
thérapeutique,
qui
lui
sert
à
tourner
la
page
sur
une
jeunesse
acculée
à
un
cul-de-sac.
Ce
canevas
appuie
une
revisite
de
la
formation
de
lidentité
dans
un
cadre
familial
carentiel
implanté
en
milieu
multiethnique.
Difficile
de
se
guider
si
lon
est
privé
dune
bouée
pour
aborder
à
un
nouveau
rivage,
en
loccurrence
celle
de
lécriture.
Lintérêt
de
ce
roman
dinitiation
est
soutenu
par
la
toile
de
fond,
qui
témoigne
dun
quartier
énigmatique
même
pour
les
Montréalais.
Apparenté
plutôt
à
un
journal
personnel,
il
verse
cependant
dans
le
mélodrame
aux
dépens
dune
analyse
psychologique
et
contextuelle
plus
approfondie.
Mais
grâce
à
son
don
de
conteuse
et
à
son
authenticité,
lauteure
sauve
cette
trop
courte
uvre
in
extremis
de
la
mièvrerie.
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